« Crime et châtiment » de Dostoievski

classique, Littérature étrangère

Je commencerai ce tout premier article en vous parlant « non sans humilité » de ma plus grande histoire d’amour littéraire. Le premier livre qui m’a donné le goût de la littérature post-révolutionnaire russe.

Je m’étais attaquée à ce monstre sacré de la littérature «  Crime et châtiment » il y a de cela plus de 6 ans ; Ce livre est un classique, un indispensable, une anthologie même.

Par ailleurs, Nietzsche disait de lui [F. Dostoievski] « qu’il était le seul à lui avoir appris sur la psychologie humaine ». Il va vous falloir une bonne dose de motivation, remonter les manches, inspirer un bon coup et préparer le café car vous allez faire face à la plus belle œuvre littéraire jamais écrite.

Au cours de cette lecture, l’auteur nous imprègne dans l’histoire d’un homme tourmenté [Raskolnikov] et d’une époque sous tension, celle d’avant la révolution russe. D’ailleurs, la question sociale est omniprésente dans ce livre, l’injustice, la pauvreté, le dérangement psychique et la prostitution avérée. Dostoïevski a vraiment tenu à nous dépeindre chaque détail comme si cela avait toute son importance.

Cela est une évidence car comment pourrait-on comprendre un tel geste, celui de la déraison.

Une existence d’étudiant misérable qui peine à vivre dignement jour après jour et qui petit à petit se construit une personnalité et une théorie dans laquelle tous ses délires sont permis même le meurtre. 

« La conviction que tout, même la mémoire, même la simple faculté de raisonner était en train de l’abandonner. »

L’absence totale de réalité qui fera de lui un homme vaniteux, insensible, manipulateur, nihiliste. 

« Le seul fondement d’une morale vraie est l’intérêt bien compris ; la conduite de l’individu ne dépend que des conditions qui lui sont faites : proposez à quiconque un avantage, et il est capable d’agir loyalement et noblement. »

Dans ce récit, vous remarquerez que les personnages masculins ont été beaucoup plus travaillés que les personnages féminins (un choix astucieux selon moi), c’est donc avec beaucoup d’attention et de suspense qu’on assistera à un duel entre Rodia et le juge d’instruction Porphyre.

Par chance, il échappera à de nombreuses reprises aux recherches de la police. 

Noyer dans ses tourments Rodia pourra compter sur Sonia, la jeune prostituée, tout aussi maudite que lui sauf que Sonia est une sainte qui vit dans une réalité bien vivante. Elle lui ordonnera par la suite d’aller se livrer après lui avoir lu « l’Évangile de la résurrection de Lazare. »

Plus tard dans le récit, il acceptera d’aller se rendre non sans remords.

« La conclusion que le crime n’avait pu être commis que dans un état de dérangement mental temporaire, dans une sorte de monomanie maladive du meurtre et du vol, sans but plus lointain et sans calcul intéressé. »

Il s’était décidé au crime par suite de son caractère faible et irréfléchi, irrité, de plus, par les privations et les échecs.

S’il avait honte, c’était que lui, Raskolnikov, se fût perdu si aveuglément et sottement, qu’il dût s’humilier et se soumettre devant « l’absurdité » de cette sentence. »

Le crime a été rapide, le châtiment va être complexe et long. Raskolnikov, va connaître le remords et la renaissance seulement parce que le jour où il a demandé publiquement pardon à la terre et au peuple, il a accepté de souffrir.

Quand Sonia lui rendit visite au bagne (Sibérie) :

« un bonheur infini brilla dans ses yeux ; Elle avait compris, il ne pouvait plus y avoir de doute pour elle : il l’aimait, il l’aimait sans bornes, enfin était arrivé cette minute…

Ils auraient voulu parler, mais ne le pouvaient point. Des larmes briller dans leurs yeux. Ils étaient tous deux pâles et maigres ; mais dans ces visages pâles et malades rayonnait déjà l’aube d’un avenir rénové, d’une résurrection totale à une nouvelle vie. L’amour les avait ressuscités. Le cœur de l’un renfermait des sources infinies de vie pour le cœur de l’autre. »

Sans nul doute, Dostoïevski a le don de creusé au plus profond de l’âme humaine.

Vous l’aurez compris, j’ai été très admirative sur les questionnements philosophiques que pose cette œuvre. Celui de la morale et de la notion du bien et du mal, le nihilisme, la culpabilité et l’importance du pardon…

C’est pour moi une grande satisfaction d’avoir eu l’opportunité de lire ce livre dans la grande famille des plus beaux classiques.

« crime et châtiment » de Dostoievski.
Editions Flammarion.
Traduction et présentation
par Pierre Pascal.

5 réflexions sur “« Crime et châtiment » de Dostoievski

  1. Bonjour bonjour ! 🙂

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