« En finir avec la culture de viol » de Noémie Renard

essai féministe, Sciences humaines

Un livre que tout le monde devrait lire pour s’éduquer sur les comportements et les réflexions à ce sujet car malheureusement beaucoup de Français ont une réelle méconnaissance sur les mécanismes du viol et les conséquences graves que cela peut avoir sur la victime. Cet essai m’a fait comprendre qu’ont a encore beaucoup de travail à faire pour évoluer les mentalités et permettre aux victimes de ne plus avoir honte.(Cette même honte doit changer de camp)

Noémie renard nous propose une réflexion fondamentale pour alimenter le débat qui parcourt notre société, cette féministe a pris conscience des inégalités persistantes entre hommes et femmes, dans cet essai, elle nous livre des études sur le genre dans toutes les disciplines anthropologique, sociologique et historique. Elle nous aide à comprendre la culture du viol dans son ensemble, de par les stéréotypes de mythes, le laxisme judiciaire ou encore les nombreuses coercitions conjugales et économiques… elle démasque également les leviers de la domination masculine dans le domaine de la sexualité afin que notre société puisse combattre ce système patriarcal oppressif.

Le viol, c’est de la violence, de la domination, de l’humiliation, mais sous une forme sexualisée.

L’expression « culture du viol » est née dans les années 1970 aux États-Unis au sein du mouvement féministe radical. Il désigne une culture(dans le sens de l’ensemble des valeurs des modes de vie et des traditions d’une société) dans laquelle le viol et les autres violences sexuelles sont tolérés.

En France la culture du viol est assez présente notamment dans les stéréotypes et les mythes qui entourent la sexualité selon l’idée que les hommes ont une sexualité active et les femmes une sexualité passive « dominant-soumise » (qui n’a pas en tête le best-seller 50 nuances de grey) Or, l’idée que la sexualité féminine est intrinsèquement passive peut servir de justification aux violences et à la subordination sexuelles, ce phénomène n’est pas seulement présent dans les films mais aussi dans la pornographie et dans les nombreuses publicités ou clips musicaux. Malheureusement les images montrant les femmes en tant qu’objets sexuels suggèrent qu’elles peuvent avoir tendance à rendre davantage sexistes et tolérants aux violences sexuelles du moins chez une partie des consommateurs.

Évidemment dans ces circonstances, on peut se demander où se positionne le consentement. Le consentement est avant tout une réponse à une avance mais dans le cas de coercition graduelle où la victime est soumise au chantage par ex: le fait de profiter d’une personne dans le besoin pour obtenir un acte sexuel peut être qualifié de coercition économique. Beaucoup de femmes peuvent accepter un rapport sexuel non parce qu’elles le désirent mais pour éviter de subir les conséquences négatives d’un refus ou parce qu’elles s’y sentent obligées. (Peur d’être abandonnée par son compagnon, peur d’être virée…) il est donc urgent dans notre société de redéfinir le terme du consentement qui n’est pas seulement une acceptation mais l’expression de volonté et du désir. La France à la différence du Canada de l’Australie ou encore de la Nouvelle-Zélande est un pays en retard en ce qui concerne la reconnaissance du viol par le système judiciaire, car de nombreuses plaintes sont envoyées en correctionnelle et non aux assises. Cela veut dire que le viol est encore considéré comme un délit et non comme un crime . C’est pour cela que les féministes se battent pour veiller à ce que la qualification criminelle du viol soit retenue est poursuivie devant les cours d’assises.

Il est important de dire que les violences sexuelles ne peuvent être analysées que de manière indépendante, elles prennent aussi racine dans un système social inégalitaire(notamment entre les femmes et les hommes et entre enfants et adultes).

La lutte contre la culture du viol doit s’inscrire dans une bataille plus large contre les inégalités sociales et économiques, la valorisation des orientations sexuelles, la répartition des tâches domestiques, L’éducation des enfants…

vous l’aurez compris, il est important de s’éduquer sur le sujet, cela doit passer par les pouvoirs publics pour sensibiliser les jeunes à la sexualité et au consentement, cela passe également par chacun et chacune d’entre nous, Ressentir de l’empathie envers les victimes, ne fermer pas les yeux, Écoutez-les et renseignez-les en transmettant le bon numéro (SOS viols par exemple)… car c’est à nous de faire changer les choses et d’améliorer la situation pour un monde plus sûr.


« En finir avec la culture du viol » de Noémie Renard – éditions Les petits matins

4 réflexions sur “« En finir avec la culture de viol » de Noémie Renard

  1. Merci pour ce retour. Malgré un intérêt pour le féminisme datant de nombreuses années, je n’ai entendu que récemment parler de « culture du viol » alors que le sujet est d’une importance capitale. C’est pour cette raison que j’apprécie particulièrement de voir que tu en parles ici en présentant cet ouvrage.
    J’aime beaucoup la couverture du livre qui est simple mais efficace, je vais voir si je peux me le procurer.

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    1. Oui en effet, le le terme est récent. Ce livre est vraiment intéressant pour comprendre les mécanismes du viol et les coercitions économiques et conjugales que les femmes subissent dans notre société ! Étant féministe, j’aborde souvent ce genre de sujet sur mon insta et sur mon blog ! Merci pour ton commentaire !

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  2. Ce qui est terrible c’est de voir à quel point ce qui semble évident pour nous ne l’est pas pour bien des hommes! On devrait faire lire un livre de ce type dans le cursus scolaire, car quand on y pense personne n’en parle vraiment alors que ça touche tant de monde! Il y a bien des hommes qui auraient besoin de lire ce livre, quand je vois le nombre d’amies que je connais qui ont été victimes de viol, c’est vraiment choquant! et encore elles ne le disent pas toutes, ça veut dire qu’il y en a encore plus que celles qui ont osé me le dire, et dans le lot il y a aussi des hommes qui ont été victimes d’autres hommes étant enfants… sans parler du traitement que leur ont fait subir les policiers aux rares d’entre eux qui ont osé aller porter plainte… Ce monde est à gerber!

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    1. Exactement, les statistiques sont biaisées car ça ne comptabilise pas tout le monde . Comme tu dis c’est terrible. La victime se sent tjrs coupable(parce qu’elle se dit qu’elle l’a cherché, elle n’est pas soutenue par les pouvoirs publics…) Il faut évoluer les mentalités et oser en parler. Ce manifeste a été une excellente source de compréhension pour moi.

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