« Mamma Maria » de Serena Giuliano

contemporain, Littérature française

Des jupes qui virevoltent, une chaleur humide, le murmure des vagues, le son des couverts qui s’entrechoquent, un café en terrasse, les rires d’une soirée d’été… Vous y êtes ? Bienvenue au cœur de la Dolce Vita Italienne. Bienvenue Chez Mamma Maria !


« Il faut des pâtes pour vivre. Il faut des lasagnes, de la friture,du gras, de l’eau de mer et du soleil. Sinon, la vie ne vaut même pas la peine d’être vécue. »


C’est dans cette ambiance « molto calda » que Maria la mamma italienne tient le bar du coin depuis plus de 40 ans, celle qui a la capacité d’écouter Celentano en boucle et de prendre soin de chacun de ses clients.

Sofia habitait Paris mais elle est rentrée au pays, depuis sa rupture avec Jérôme qui n’a jamais voulu découvrir ses racines napolitaines , à tous ces gens avec lesquels elle a grandit, à son petit coin de paradis qui lui permet d’écrire pendant des heures. La dolce vita, le Spritz, les bons petits plats italiens, tout respire le bonheur et la sérénité retrouvée pour Sofia. Jusqu’au jour où deux « invités surprise » pas vraiment attendus apparaissent au cœur de ce village, dans leurs vies à tous.


« Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’est le café ? Le café est une excuse. Une excuse pour dire à un ami que tu l’aimes. »


C’est un voyage en Italie. Un roman sur le don de soi, l’amitié, la perte d’un être cher et un message fort sur la situation des migrants dans un pays où plane la montée du parti nationaliste…

Un livre chaleureux et généreux, optimiste, tendre qui dans les circonstances actuelles fait beaucoup de bien au moral, j’ai même l’impression d’être en Italie, cette Italie que j’aime tant. Parce qu’à plusieurs kilomètres de son Italie à elle, se trouve mon Italie à moi. On y trouve les mêmes vieux qui jouent en terrasse à la scopa durant des heures, les mêmes mentalités qu’on ne comprend pas toujours, des personnes aux cœurs tendre, débordent de gentillesse et de générosité. 

Une lecture tout en légèreté où vous en prendrez plein les yeux et plein le cœur et que je vous recommande pour fuir la morosité ambiante ! 

« Et puis, pour le reste, c’est à vous de partir en voyage. »


« Mamma Maria » de Serena Giuliano – Éditions Cherche mide

« La belle italienne » de Lucinda Riley

contemporain, Littérature étrangère

Lucinda Riley fait monter la température en nous emmenant dans une belle et séduisante Italie où l’amour obsessionnel et les talents extraordinaires partagés par deux chanteurs d’opéra auront un effet significatif sur le destin de tous ceux qui leur sont proches.

L’histoire de Rosanna Menici commence en 1966 dans la ville animée de Naples , bruyante et surpeuplée où elle est née et où les gens partagent leur joie et leur tristesse, et rient, pleurent… et chantent.

 Depuis ses débuts pauvres, ses parents qui travaillent dur, avec l’aide du frère de Rosanna, Luca, ont érigé leur pizzeria comme l’une des plus célèbres du quartier de la ville.

Rosanna, onze ans, est la plus jeune de la famille et s’est toujours sentie éclipsée par sa sœur aînée Carlotta, une séduisante jeune femme de 16 ans qui attire les hommes, lui prétendant même une ressemblance à Sophia Loren.

Lors d’une fête de quartier, Rosanna rencontre Roberto Rossini, un garçon local qui est maintenant étudiant à La Scala de Milan, un homme d’une grande beauté physique avec une voix à la hauteur des plus grands ténors. Pour elle, c’est le coup de foudre, en particulier lorsque Roberto entend Rosanna chanter et lui dit que sa voix est aussi «un cadeau de Dieu». À ce moment-là, la petite Rosanna de seulement 11 ans écrit dans son journal que quand elle sera plus grande, elle deviendra son épouse.

Plusieurs années après cette fatidique rencontre, la vie de Rosanna change du jour au lendemain.  Avec des cours de chant payés en secret par Luca, elle remporte finalement une bourse d’études dans une école de musique à Milan et se dirige donc vers le nord avec son frère comme tuteur.

Dans les années à venir, les destins de Rosanna et Roberto seront liés pour toujours à la fois par leur complicité sur scène et par leur amour inconditionnel mais malheureusement le rêve se termine lorsque Rosanna prend conscience de la face cachée de son mari, dès lors, leur union est hantée par de puissants secrets du passé…

Lucinda Riley nous guide à travers trente ans d’historicité de style latin, un parcours classique de la lutte d’une jeune fille pour réaliser son rêve de chanteuse d’opéra.  Un cheminement magnifiquement conçu révélant les nombreux aspects de l’amour, familial, romantique et obsessionnel.  L’histoire qui commence à Naples emmène l’héroïne et le lecteur dans un merveilleux voyage non seulement dans les plus grands opéras mais aussi à travers les joies et les peines, les secrets et les surprises de la vie. 

Au rythme effréné, baignée par le soleil de l‘Italie et les lumières vives de la célébrité, dégoulinant de glamour, d’intrigue et de romance « La belle italienne » se veut l’un des romans les plus romantiques encore jamais lu jusqu’ici. 


« La belle italienne » de Lucinda Riley – éditions Charleston poche.

« Manuel de guérilla à l’usage des femmes » de Sylvie Brunel .

Autobiographie

« Le manuel de guérilla à l’usage des femmes » est une ode à la liberté féminine de plus de 40 ans. 

Un essai qui sonne le glas de la revanche, ou du moins une volonté de raconter sa vérité. Elle nous explique ces 30 dernières années de bon et loyaux services aux côté de l’homme qui fut son mari. Sylvie Brunel alterne à la fois, épisodes autobiographiques et considérations générales sur le devenir de certains couples quand monsieur s’en va refaire sa vie avec une jeunette.

Il y a deux thèmes bien distincts dans ce livre.

D’une part, une description très intéressante de la psychologie et du parcours personnel d’Eric Besson l’ex-mari de l’autrice, un homme obnubilé par son action politique et totalement infidèle. 

D’autre part, une démonstration qui vise à s’intéresser sur nos sociétés occidentales soit disant évoluées mais qui pour le coup ont encore beaucoup de chemin à parcourir en termes d’égalité hommes femmes. Simplement nous ne nous en rendons pas compte car nous avons totalement intériorisé les traitements différenciés entre les deux sexes et cela depuis toujours. l’exemple du traitement de la ménopause par l’industrie pharmaceutique et du corps médical est très frappant, certains dialogues m’ont particulièrement choqué dans ce livre, notamment le discours d’une patiente pré-ménopausée avec son gynécologue.


« Réponse du médecin: Mieux vaut un cancer que la ménopause. Un cancer au moins, ça se soigne. »


Finalement, elle met les femmes en garde contre la dictature qui s’exerce insidieusement, à travers les diverses représentations d’elles même qu’on leur propose et qui tendent à les maintenir en position de faiblesse. Cependant ne vous attendez pas à un essai philosophique ou sociologique sur l’étude du féminisme car dans ce livre Sylvie Brunel ne fait qu’exprimer ses points de vue personnels et ses ressentis.


« Manuel de guérilla à l’usage des femmes » de Sylvie Brunel – Éditions Grasset .

« Je ne t’oublie pas » de Sébastien Didier

Littérature française, Thriller

Je ne t’oublie pas…

Il y a longtemps qu’un thriller ne m’avait pas autant captivée, il m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page. Dès les premières lignes de ce roman, on est totalement immergé dans l’intrigue et il est impossible d’en décrocher « même pas pour aller manger un bout. » L’histoire est brillamment ficelée et rédigée. L’auteur développe un style très accrocheur et donne un vrai rythme au récit , notamment en alternant brillamment les flashbacks avec le présent.

« Connaît on vraiment les personnes qui nous entourent ? »  Cette même question subsistera tout au long du récit et quand Marc Vasseur, jeune et brillant chef d’entreprise spécialisé dans la gestion de protocoles , par ailleurs socialement aisé et heureux en ménage, doit faire face à la disparition brutale et inexpliquée de son épouse, c’est tout un monde de certitudes qui s’effondre.


« Contourner, biaiser, se cacher, piéger. Porter le masque. Il ne comptait plus ces moments de solitude dans lesquels il s’enfonçait dans une profondeur si abyssale des tourments de son âme qu’il pensait bien ne plus jamais pouvoir remonter à la surface. »


Un SMS de rupture douteux, une photographie à l’expéditeur mystérieux, trois mois passés à échafauder toutes sortes d’hypothèses, le doute qui s’installe insidieusement quant au passé de Sandra, et l’univers hyper cadré de Marc va basculer dans un cauchemar sans nom.

Animé par la soif de vérité, désemparé par le désarroi grandissant de sa fille Lisa , mais épaulé par son père et par un enquêteur privé aux motivations incertaines, Marc devra remonter le fil du temps, et Au fur et à mesure les pièces du puzzle commencerons par s’assembler pour reconstituer la réalité des faits, un réel plongeon aux origines inconnues qui vont mettre en danger son intégrité physique comme celle de ses proches.

Ce roman est un véritable page-turner, je ne t’oublie pas est une histoire tellement terrifiante et malsaine que l’on se dit que ce n’est pas possible. Des scènes parfois oppressantes, mais nécessaires à l’intrigue. Un livre qui laisse des traces, et auquel on repense bien après sa lecture. 600 pages qui se dévorent en deux jours, ça va tellement vite, on s’en prend plein la tête et on en redemande en enchaînant les pages. « Juste au cas où vous hésitez encore. »


« Je ne t’oublie pas » de Sébastien Didier – Éditions Hugo Poche.

« Rebecca » de Daphné du Maurier

classique, Littérature étrangère

« On dit que les humains sortent meilleurs et plus forts de la souffrance et que, pour progresser en ce monde ou en tout autre, il faut subir l’épreuve du feu. »


« Rebecca » est un roman qui vous transporte du début jusqu’à la fin, tant par l’écriture que par l’atmosphère générale du récit. Pas étonnant qu’il ait été en rupture de stock et que j’ai dû attendre 10 jours avant de le recevoir.

Ce livre c’est l’histoire d’une jeune femme (dont le nom restera un mystère tout au long du roman), son rôle premier est de tenir compagnie à une insupportable bonne femme (Mme Van Hopper) sauf que son destin va prendre un tournant exceptionnel lorsqu’elle rencontre Monsieur de Winter lors d’un voyage à Monte-Carlo. 

Après plusieurs rencontres secrètes avec la jeune femme, Maxim de Winter (mystérieux, calme, et plus âgé) s’éprend d’elle et la demande en mariage après quoi, il l’emmène dans sa célèbre propriété, Manderley, où l’ombre et la mémoire de sa défunte épouse semblent occuper tous les coins et commencent à prendre trop de place entre eux.  C’est comme s’il n’y avait pas d’espace pour la nouvelle épouse.

Ce livre est un tel chef-d’œuvre. Du début à la fin, il y a le plus fort sentiment de solitude que j’ai jamais lu, quelque chose que j’avais adoré chez Jane Eyre, quand elle était coincée à Thornfield rêvant de l’extérieur et de la liberté des hommes d’agir à leur guise. La narratrice de Rebecca est absolument isolée, elle est insignifiante au point où elle n’a pas de nom, même si son mari la rassure sur son nouveau rôle. Le lecteur est plongé dans l’obscurité à son sujet, qui elle est ? d’où elle vient ? elle est un tableau blanc, mais pas une coquille vide, au contraire, elle réfléchit trop, elle est dépassée, mais sans nom, comment pourrait-elle se faire entendre?  Et en épousant M. de Winter, le nom qu’on lui a soudainement attribué… était celui de quelqu’un avant elle, n’est-ce pas?  Sans nom, sans voix, seule dans cette grande maison où tout a cessé de vivre ou de changer depuis l’accident qui a emporté la première Mme de Winter.  Et le doute de soi qui vient avec le silence de son mari.  Est-il vraiment amoureux d’elle?  Pense-t-il à quelqu’un d’autre tout en étant avec elle?  Il est impossible de rester sain d’esprit dans cette maison.


« J’aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte. S’il y avait une femme à Londres que Maxime aimât, quelqu’un à qui il écrivit, rendît visite, avec qui il dîna, avec qui il couchât, j’aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n’aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu’on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et Maxim ne l’aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais. »


Dans ce roman, aucun personnage n’est fiable, nous sommes aussi perdus que la narratrice et nous avons du mal à comprendre la haine à laquelle elle est confrontée. Pourquoi Rebecca était-elle si aimée? La plupart du temps, notre cœur se brise à cause de la façon dont la narratrice est traitée par les autres personnages.

Évidemment, j’ai adoré l’intrigue de ce livre, je ne m’y attendais pas du tout. Dans les derniers chapitres, je me suis sentie, impatiente et paniquée, anticipant toutes les éventualités possibles pour cette fin plus que rocambolesque. J’ai été un peu surprise par la fin… mais pas déçue cependant. Je suppose que cela garde le sens du mystère qu’avait tout le livre et puis la réalité n’a pas toujours une fin claire non . Tout ça pour dire que cela m’a définitivement donné envie de lire d’autres livres de Daphné du Maurier.


« Rebecca » de Daphné Du Maurier – éditions le livre de poche.

« Sorcières : La puissance invaincue des femmes de Mona Chollet

Sciences humaines, Sociologie

À mes sœurs, chères sorcières, 

C’est un livre que toutes les femmes devraient lire pour se rappeler quelles ont la liberté de choisir leur vie. De s’affranchir de toutes les conditions sociales et d’assumer leur choix sans avoir besoin de les justifier. En tant que féministe, ce livre n’a fait que confirmer mes idéologies et ma vision du monde. Je savais pertinemment que j’étais dans le vrai mais parfois la société a le pouvoir de remettre toutes vos certitudes en questions, au point même de me demander si en tant que femme, « je suis à la hauteur ». Avoir un peu d’ambition et aspirer à quelque chose de différent, vous me direz c’est quelque chose de normal et pourtant, nous vivons dans une société où la femme n’a pas beaucoup de place. Cependant, aujourd’hui le mouvement #Metoo a bousculé les codes sociaux, il remet l’égalité des femmes sur la table et il est temps pour nous mes sœurs de nous réapproprier notre espace et faire entendre nos voix.

Dans cet essai, Mona chollet fait le lien entre les sorcières d’antan et les femmes actuelles, elle démontre à quel point s’affranchir des constructions sociales est une tache ardue. Celles qui s’opposent aux schémas habituelles de la femme-mère est jugée, condamnée à l’humiliation, l’exil ou pire encore la mort ! Finalement qu’est-ce qui différencie les femmes libres d’aujourd’hui aux sorcières de l’histoire? Absolument rien, de nos jours, l’état n’organise plus d’exécutions publiques de prétendues sorcières, mais la peine de mort pour les femmes qui veulent être libre s’est en quelque sorte privatisée.

La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations; Elle est un idéal vers lequel tendre, Elle montre la voie. Elle est celle qui terrifie le patriarcat, celle qui ne se marie pas, qui n’a pas d’enfants et qui est socialement indépendante. En bref c’est d’être l’égale de l’homme. Pendant longtemps les sorcières étaient représentées comme de vieilles femmes laides, sales… De par leur isolement et leur indépendance ont leur reprochés d’user de (pouvoirs maléfiques qui seraient responsables de tous les maux de la société). Tous les prétextes étaient bons pour justifier les pires ignominies (lynchages, viols, tortures, condamnations à mort) ces années de terreur et de propagande témoignent clairement d’une aliénation psychologique profonde des hommes envers les femmes.


« Des siècles de haine et d’obscurantisme semblent avoir culminé dans ce déchaînement de violence, né d’une peur devant la place grandissante que les femmes occupaient alors dans l’espace social. »


On se rend bien compte que peu de chose ont changé. Entre la société mainstream d’aujourd’hui et celle des chasses aux sorcières, il n’y a qu’un pas. Parmi les accusées de sorcellerie, on révèle une sur présentation des célibataires et des veuves, c’est-à-dire de toutes celles qui n’étaient pas subordonnées à un homme ce qui a permis de préparer la division sexuée du travail requise par le capitalisme, en réservant le travail rémunéré aux hommes et en assignant les femmes à la mise au monde et à l’éducation de leur future main-d’œuvre. D’ailleurs cette assignation dure jusqu’à aujourd’hui: Les femmes sont libres d’avoir des enfants ou pas… à condition de choisir d’en avoir. Celles qui n’en souhaitent pas sont parfois assimilées à des créatures sans cœur, obscurément mauvaises, malveillantes à l’égard de ceux des autres.

Finalement on nous dit que « la liberté de choix dont nous sommes censées disposer est ainsi largement illusoire ». Cette légitimité fragile, nous poussera à nous demander, dès que quelque chose ira de travers dans notre vie si la cause de notre infortune ne tient pas à notre absence de descendance. Le fameux « tu le regretteras un jour » ou « tu es égoïste » comme si on faisait un enfant par altruisme,c’est du délire, je n’ai jamais compris ce genre de raisonnement.

De plus, Mona Chollet révèle une bien triste vérité, celle du dégoût qu’on a pour la femme vieillissante. On dit souvent que le vieillissement et la mort sont tabous dans notre société; sauf que c’est seulement le vieillissement des femmes qui est cachés. De plus les hommes ne vieillissent pas mieux que les femmes, ils ont seulement l’autorisation de vieillir, d’autant plus, on observe que la différence d’âge est en faveur des hommes dans les couples, cette conception est profondément inscrite dans les mœurs ce qui pousse les femmes à paraître éternellement jeune (teintures capillaires, chirurgie esthétique…) Finalement, les femmes sont condamnées à vivre dans les faux-semblants et la honte d’elles-mêmes .


« De même, une amie me suggérait il y a peu que, si elle ne supportait pas l’idée de voir sa mère avec les cheveux blancs, c’était peut-être parce que cela l’amenait à penser à la mort. Mais qui pense à la mort en voyant Richard Gere ou Harrison Ford ?».


On remarque également que dans cette société, les capacités intellectuelles sont paralysées. On assigne aux femmes et aux hommes des domaines de compétences très différents, (le savoir pour les hommes et les taches subalternes pour les femmes) là encore le sexisme se manifeste sur tous les bouts de l’échelle sociale. Il faut savoir que la médecine était détenue par les femmes qui par la suite a été réquisitionné de force par les hommes. Cependant ces dernières années, en France, les blogs et les réseaux sociaux ont fait marcher la question de la maltraitance médicale notamment dans le milieu gynécologique. On commence tout doucement à mesurer à quel point les préjugés sur les femmes nuisent à leur prise en charge médicale. Et malheureusement j’en sais quelque chose, ayant une endométriose, il m’a fallu des années pour être prise au sérieux par le corps médical, une double peine qui démontre encore une fois la domination des hommes sur les femmes.

À lire absolument, de même que les femmes, les hommes sont également invités à lire ce livre pour comprendre les difficultés que nous pouvons rencontrer dans la société, d’évaluer la place qu’ils prennent et celle qu’ils laissent aux femmes.


« Sorcières: La puissance invaincue des femmes – Editions Zones

« Beauté fatale : les nouveaux visages d’une aliénation féminine » de Mona Chollet (concours sur mon insta)

Sciences humaines, Sociologie

« Non,décidément, il n’y a pas de mal à vouloir être belle mais il serait peut-être temps de reconnaître qu’il n’y a aucun mal non plus à vouloir être. »


Dans cet essai divisé en plusieurs parties dont chacune représente les visages de l’aliénation féminine, Mona Chollet dénonce l’instrumentalisation du corps de la femme via des méthodes insidieuses et malsaines au profit de grandes marques comme les secteurs du luxe et du cosmétique (Magazines de mode, marketing d’influence, séries télévisées…).

Pour renforcer ses théories, elle s’appuie sur des exemples concrets dont les références sont connues de tous (la presse féminine, les séries télévisées : Mad men, gossip girl, sex & the city…). Elle décrypte également l’actualité comme les affaires Polanski – Strauss-kahn et nous démontre comment notre société consent au dictat de l’apparence féminine la plus stéréotypée.

Cette quête de la perfection absolue qui conduit inlassablement les femmes à adopter une haine de soi et envers son corps (la peur de ne pas plaire, de ne pas correspondre aux normes de beauté, la certitude de ne jamais être assez bien pour mériter l’amour de soi et d’autrui), traduisent et amplifient une insécurité psychique et une auto-dévalorisation qui élargissent leurs effets dans tous les domaines de la vie d’une femme.


« L’objectif ultime n’est pas de se distinguer par son talent, mais par son potentiel de femme-sandwich, en entrant dans le moule d’une certaine vision de la féminité. »


Cette emprise passe bien évidemment par la puissance économique dont les marques maîtrisent les rouages à la perfection et de l’habilité culturelle des relais (presse féminine, publicité et divertissement), ils jouent sur les ressorts très profonds pour stimuler de façon obsessionnelle la pulsion d’achat et pour emprisonner les femmes dans une image qu’ils présentent comme l’essence de la féminité. « Comme si acheter le dernier sac à la mode (1000€) pouvait nous apporter le bonheur »

On peut se demander d’ailleurs si la surconsommation qui hante la féminité traditionnelle ne serait pas un désir de fuite (souffrance au travail, peur du chômage ou celle de vieillir) Or là encore, il faut constater que seuls la culture de masse et le discours publicitaire prennent au sérieux ce besoin humain d’évasion. Et ils apportent bien sûr, des réponses en proposant des satisfactions individualistes et consuméristes.

En quête d’investissements sûrs, les grandes marques de luxe misent d’ailleurs en priorité sur des actrices (un cercle très fermé de personnes bien-nées ) qui ont acquis une notoriété internationale grâce aux clichés liés à une autre culture exotique,archaïque et patriarcale – du moins d’un point de vue américain : c’est la culture française .

En parlant d’acteurs, on pense notamment au héros de la série « Gossip Girl » des adolescents qui excellent dans l’art de faire la fête et de courir après les boutiques tout en ayant de très bons résultats scolaires, des jeunes filles au corps parfait sans souffrir de troubles alimentaires, jouer les mannequins, trôner au premier rang sur le catwalk d’un défilé de mode, s’envoler en jet privé pour un week-end en Espagne… De quoi faire rêver les plus jeunes d’entre nous. Le succès de la série est tel que la chaîne a ouvert une boutique en ligne proposant les vêtements et les bijoux portés par les actrices . 

Une méthode insidieuse qu’on appelle « le placement de produit » un processus très connu des influenceuses beauté qui ne cessent de promouvoir le corps parfait avec une légère tendance pour l’obsession de la minceur. Fort de ce succès, le magazine  Elle  appelle ça « la Fashion démocratisation » Mona Chollet la qualifie plutôt « d’aliénation participative ». Dont les marques et les réseaux sociaux ont fait de ses héroïnes à la fois des figures de proue et des modèles à suivre.

Entre autre , Mona Chollet évoque également l’abus de la chirurgie esthétique qui n’est que les révélateurs d’une fragilité qui engendre la peur de vieillir. Comble de l’ironie, certains médecins affirment que leur activité est féministe car elle permet aux femmes d’acquérir une meilleure estime d’elles-mêmes. Mona Chollet dit d’ailleurs que:

« c’est confondre l’estime de soi avec le soulagement que procure le fait de prouver sa loyauté à l’ordre dominant. Faisant de la richesse et de l’apparence les critères essentiels de la valeur humaine, professant un darwinisme social agressif, le milieu de la mode exsude la haine de la faiblesse. »

On parle aussi « d’eugénisme banalisé » qui concentre une certaine uniformisation du genre, une valorisation et une recherche de la blancheur, la blondeur, la minceur et la jeunesse qui vise à se rapprocher le plus possible du modèle esthétique dominant. Cependant ce n’est pas seulement la diversité des couleurs de peau qui manque dans notre environnement culturel: ce sont aussi tout simplement les représentations d’une manière générale d’être une femme.


« Les vedettes qui émergent, en France ou aux États-Unis, sont dorénavant toutes calibrées sur le même modèle: extrême minceur – ou rondeurs tolérables -, Teint diaphane, garde-robe sophistiquée le plus souvent élaborée par une styliste personnelle. »


Dans cet essai Mona Chollet nous démontre à quel point il est dur d’être une femme, quoi que nous fassions nous serons toujours confrontés au spectre de la beauté parfaite et des dogmes imposés par la dictature des industries (mode-beauté). Cette société qui pousse les femmes à scruter chaque physique aux exigences toujours plus irréalistes, ce qui dénote en outre une pauvreté d’esprit pathétique qui annihile toutes les relations humaines et nous éloigne de la simple vérité : Toutes les femmes sont belles et authentiques car la conclusion c’est qu’il n’y a pas de joie dans la perfection.


« Beauté fatale: les nouveaux visages d’une aliénation féminine de Mona chollet – Editions Zones

« Hier, aujourd’hui et demain » de Sophia Loren

Autobiographie

« Le succès à son poids, qu’il faut s’habituer à porter. Et personne ne vous l’apprend : comme toujours, la réponse est en nous. »


Sophia Loren incarne bien plus que le « rêve américain », elle est pour nous, celle qui a propulsé le cinéma italien au devant de la scène internationale . Comment oublier 1962, la consécration, l’Oscar de la meilleure actrice pour le rôle de Cesira dans Ciociara.

Le titre de son livre est un hommage au film de Vittorio De Sica, dans lequel Sophia Loren a joué aux côtés de Marcello Mastroianni, et le sous-titre « Ma vie » fait clairement allusion à la volonté de l’actrice de se dire sans filtres. 

Ce livre est un cadeau incontournable pour sa famille mais également pour tous les admirateurs de l’actrice, qui ont toujours suivi sa carrière avec ferveur et passion, qui a commencé à Rome, où Loren est née sous le véritable nom de Sofia Scicolone. En fait, la mère de Sofi’ a accouché dans une clinique pour mères célibataires de la capitale et quelques jours plus tard, elle est revenue avec sa fille à Pozzuoli, dans le très aimé Naples.  Et c’est précisément dans les rues déchirées par la guerre, dans les ruelles et les quartiers dégradés, démolis par la faim et le désespoir que la jeune Sophia commence à faire ses premiers pas, aidée par une mère qui a son propre rêve: le cinéma. Son histoire sincère et profonde nous fait connaître non seulement le Naples de l’époque, mais aussi la Cinecittà;  puis les grands acteurs avec lesquels Sophia Loren a joué – Cary Grant, qui est tombé amoureux d’elle, Marlon Brando, John Wayne et bien d’autres …


« En vérité, mon enfance remontait sans cesse à la surface pour m’émouvoir. Même après avoir trouvé ma voie, je ne parvenais pas à oublier ce que j’avais été lorsque, prise entre la faim et la guerre, sans père pour me guider.»


Une autobiographie qui raconte non seulement des épisodes et des succès de la carrière de l’actrice, mais aussi des moments les plus intimes, ceux appartenant au cercle familiale, où elle a joué le rôle de mère et de grand-mère, elle qui a pu grandir et s’accomplir en tant que femme sans la présence d’un père. Loren est une icône du cinéma et de la vie elle-même;  une femme qui à partir de zéro et avec le seul soutien de sa mère, avec qui elle avait une relation fusionnel, est devenue une des plus grandes actrices du monde.  Ses amours, ses aventures, ses déceptions et surtout la volonté de ne jamais abandonner sont les points cruciaux de ce livre, qui implique le lecteur et nous ramène dans le temps, vers un passé où beaucoup d’entre nous n’étaient même pas nés. Pourtant, il est inévitable de ressentir cet étrange sentiment de nostalgie, en aspirant à quelque chose que vous n’avez pas et que vous n’avez jamais eu.


« Sans la vie, le conte de fées perd toute sa magie, et vice versa. Le plus beau, c’est de marcher à mi-chemin entre les deux, sans jamais renoncer ni à l’un ni à l’autre. »


Sophia Loren est une diva du passé, mais sa grandeur, son intensité et sa beauté frappent et attirent encore aujourd’hui, car elle-même est un symbole, un signe dont le véritable art peut s’imposer dans le cœur des gens sans jamais le quitter.  Hier, aujourd’hui, demain est l’histoire d’une femme qui a marqué notre histoire, qui nous emmène sans crainte avec un voile de timidité sur son visage dans son petit et grand monde, fait d’art, de cinéma, de famille et d’amour.  Le regard de Loren, comme tout ce qu’elle nous a laissé, est éternel. 


« Et comme l’a dit George Cukor, aucune beauté ne peut rivaliser avec la conscience et l’acceptation de ce qu’on est vraiment. »


« Hier, aujourd’hui et demain » de Sophia Loren – Editions Flammarion – Traduction Renaud Temperini

« Réveillez-vous, femmes divines » de Véronique De La Cachotière

développement personnel, Sciences humaines

Quatrième page de couverture : Vous qui êtes unique en cette terre, orchidée d’une beauté sans pareille, il est temps que vous vous réveilliez à votre divinité. Au fond de vous, vous le savez bien, personne ne vous ressemble vraiment, personne n’a votre histoire, et pourtant vous n’avez pas pleinement conscience de votre unicité, de ce qui fait de vous une femme exceptionnelle qui a, comme toute autre femme, sa place dans le monde.Véronique de La Cochetière, nourrie de sa longue expérience de sage-femme et de praticienne en ostéopathie intrapelvienne, va vous ouvrir les portes de votre temple sacré : votre corps. Ignoré si facilement, trop souvent gouverné par votre tête, carcan psychologique du fruit de votre histoire, de votre éducation, des règles transmises par la société, ce corps qui ne peut accueillir que le plus beau va révéler votre féminitude, cet art d’être femme aujourd’hui.


J’avais pas mal d’attente sur cet ouvrage notamment à la vue de la première et quatrième page de couverture. Cependant à la lecture du premier chapitre, j’ai compris que je ne faisais pas partie du public visé, étant moi-même ouverte à la méditation et à la pratique du yoga, je ne me suis pas retrouver dans le récit qui je pense, s’adresse aux mamans.

Concrètement, on peut trouver dans ce livre une approche intéressante sur la maternité, particulièrement pour les femmes désireuses d’avoir un enfant ou enceintes, ou enfin souhaitant réaliser une rééducation périnéale après la naissance de leur enfant. Cependant ce bouquin comporte beaucoup de témoignages de patientes qui fait le lien entre difficultés, féminité et psychologie

Les expériences vécues par les patientes apportent du crédit à la pratique, une méthode mise en place sous forme d’ateliers qui aide les femmes à renouer avec leur corps et leur esprit mais je ne suis pas certaine que les traumatismes profonds que peuvent vivre celles-ci passent par le programme « ma Yoni ». Je trouve par ailleurs, que certains sujets qui auraient pu être intéressant sont abordés en superficialité, notamment les sujets sur les violences faites aux femmes. J’aurais aimé qu’elle approfondisse ce thème (les causalités, les conséquences et la réhabilitation), un livre qui pour ma part manque un peu d’engagement féministe.

J’ajouterai que contrairement à certains avis, je n’ai pas été gêné par le fait que l’auteur évoque à plusieurs reprises ses expériences personnelles, étant elle-même une femme, ayant au fil des années et tout au long de sa carrière de médecin vécu des situations qui interroge sur les conditions des femmes à travers le monde, de par leur culture et leur histoire personnelle. Toutes ces conjonctures qui prête à réflexion et qui donne un droit légitime à Véronique de la Cachotière de raconter sa propre histoire de vie.

« Réveillez-vous, femmes divines de Véronique De La Cachotière – Editions TANA

« Anna Karénine » de Léon Tolstoï

classique, Littérature étrangère

L’amour peut-il être heureux ? Peut-on véritablement aimer sans avoir réellement vécu ?! Tant de questionnements que pose cette œuvre, entre pulsions, passion, renoncement et résignation, voilà ce que le maître pose sur la table. Il maîtrise son sujet sur le bout des doigts, par la force de ses personnages et par la puissance de son récit, il fait de ce livre une œuvre profondément humaine.

Qui aurait cru que j’éprouverais de la sympathie pour Anna Karénine. Elle est le genre de personnage qui dans la vie réelle ne me ferait pas grand impression et pourtant, je n’ai eu d’yeux que pour elle dans ce roman. La belle Karénine, envoûtante, attachante, rayonnante, c’est une des femmes qui m’a le plus touché en littérature.

Avec ce manifeste, Tolstoï propulse la littérature russe au premier plan. Mais « Anna Karénine » est bien plus qu’un roman d’amour et de passion : c’est aussi un portrait de la haute société russe à la fin du XIXe siècle, avec les questions fondamentales qui l’agitent, et les prémices du grand bouleversement à venir.

Dans ce roman, plusieurs histoires d’amour s’entrecroisent : celle d’Anna la mondaine et de Lévine le propriétaire terrien, on peut d’ailleurs s’interroger sur la ressemblance de caractère et des convictions de ce personnage tant on y trouve des similitudes avec l’auteur lui-même. Constantin Lévine est sans nulle doute l’alter égo de Tolstoï. Et Comme le titre l’indique on suit l’histoire d’Anna, la femme d’un haut dignitaire russe, elle est belle, forte, intelligente et passionnée, jusqu’au jour où elle rencontre la passion, ses complications et ses compromissions, c’est alors qu’Anna tombe follement amoureuse d’un bel officier, le comte Wronski. On vit alors leur relation tumultueuse, les querelles et les réconciliations des deux amants, les réactions indignées de la bonne société, qui tolère très bien les aventures à condition qu’elles soient discrètes ; cependant, cette relation va peu à peu sombrer dans une passion dévorante, un bonheur coupable, cette quête de l’amour pur, les mèneront à une fin tragique qui s’achèvera sur un quai de gare là où tout commença. C’est l’amour impossible, l’amour qui souffre, l’amour coupable et qui fait mal.


« L’amour, ce mot me déplaît parce qu’il y a pour moi un sens plus profond et beaucoup plus grave que vous ne pouvez l’imaginer. »


Dans l’entourage d’Anna et de Wronski, on fait la connaissance de Lévine, un homme assailli d’angoisses sur les questionnements philosophiques, avec ses réflexions poussées sur le sens de la vie et des contraintes sociales ainsi que la religion, l’amour et le devoir.


« L’enseignement de la raison, c’est la lutte pour l’existence, cette loi qui exige que tout obstacle à l’accomplissement de nos désirs soit écrasé; la déduction est logique, tendit qu’il n’y a rien de raisonnable à aimer son prochain. »


Sentimentalement, l’amour que porte Lévine à Kitty m’a particulièrement touché, c’est un couple pour qui j’ai ressenti un réel attendrissement. Il y a aussi Dolly, la sœur de Kitty, mariée à Stépane Arcadiévitch qui est le frère d’Anna, mari volage et insensible, qui n’a plus beaucoup d’intérêt pour son ennuyeuse épouse.

Dans cet incroyable roman, Léon Tolstoï nous raconte toutes les facettes de la relation amoureuse entre un homme et une femme, à travers toutes ces histoires, dans un genre si passionnant que l’on a l’impression de les connaître intimement et de faire partie intégrante de cette société.

Malgré l’ancienneté de ce roman « Anna Karénine » reste un formidable contemporain, profondément romantique et terriblement actuel. La lecture en est facile, rythmée par des chapitres courts, les sentiments, les tourments, les espoirs des personnages sont aussi les nôtres, et après 984 pages on cherche encore désespérément à continuer la lecture.

Lire Tolstoï, c’est lire une page de l’histoire. En fin psychologue, l’auteur a le talent de décrire avec brio une Russie de contrastes et le luxe de la vie bourgeoise. Je ne peux que vous recommandez ce livre, un must read !


« Anna Karénine » de Léon Tolstoï Éditions Pocket