« Mrs Dalloway » de Virginia Woolf.

classique, Littérature étrangère

« Elle pensait que les dieux n’existaient pas ; que personne n’y était pour rien ; ainsi elle se constitua cette religion d’une athée qui faisait le bien par amour du bien. »


En lisant ses œuvres, j’ai l’impression que Virginia Woolf sait tout sur les gens et qu’elle comprend la vie mieux que quiconque. Il n’y a aucun sentiment caché et elle a la faculté de décortiquer la psychologie de chacun de ses personnages. À ce jour je n’ai pas encore trouvé d’écrivain.ne qui arrive à faire ressortir ces sentiments et ces perspectives avec plus de grâce et d’empathie, et elle nous les transmet d’une manière si singulière. Chez Mrs Dalloway, Woolf est en mesure d’atteindre un équilibre complet comptant une demi-douzaine de personnes en quelques pages; Elle permet à ses personnages de haïr autant que d’aimer, et chacun doit exposer ses sentiments bruts et privés au lecteur.


« De plus, maintenant qu’il était totalement seul, condamné, abandonné, comme sont seuls ceux qui vont mourir, il y avait là un luxe, un isolement sublime, une liberté que ne pourrons jamais connaître ce qui sont liés. »


Je veux connaître Virginia Woolf; Je veux absorber sa sagesse et son talent, voir le monde à travers ses yeux, avec son âme: sage, belle, compréhensive. Elle est l’une des rares autrices dont l’écriture est si évocatrice et remplie d’humanité que je m’égare souvent dans les pensées de ma propre vie, me comparant à Peter Walsh ou Clarissa Dalloway ou Hugh Whitbread ou encore Sally Seton, dénichant la mienne. Ce livre est pour moi une éloge au temps qui passe. Beaucoup de gens qui ont lu les ouvrages de Woolf admettent être surpris du temps qu’il leur faut pour les terminer, même s’ils sont pleinement absorbés. Tous les amateurs de Woolf s’accorderont sur le fait que son écriture évoque une rêverie qui est profondément personnelle et incontournable.

La prose de Woolf est fantastique car nous somme sur un flux de conscience, l’histoire est davantage axée sur la psychologie que sur les faits. Si l’on est pas habitué à sa plume, cela peut être déroutant car les arrêts et les démarrages sont brusques pourtant cela est amené de façon si poétique avec des descriptions que je trouve si esthétiques., Mais pour quelque raison que ce soit, cela semble tout à fait correct ! Tout juste ce qu’il faut !

Il est difficile de discuter ou de résumer l’intrigue de ce livre, qui se déplace avec fluidité du « stream of consciousness » d’un personnage à l’autre . Ce livre propose de nombreuses approches partielles voire très modernes, reflétant le rôle de la femme dans la société, l’importance du mariage, la maladie mentale, les signes de notre temps, les conséquences de la guerre, le pouvoir de la médecine et bien plus encore. Mrs Dalloway est l’un de ces livres que vous pouvez non seulement relire et apprécier à différents moments de la vie, mais qui offrira de nouveaux plaisirs et de nouvelles approches à chaque étape. En d’autres termes, c’est une excellente lecture.


« Mrs Dalloway » de Virginia Woolf – Éditions Le livre de poche .

« Moi, Tituba sorcière… » de Maryse Condé.

contemporain, Littérature française

Appelez-le « roman historique » ou tout ce que vous voulez, c’est l’un des plus grands livres que j’ai lu qui paralyse de manière concrète la condition des esclaves noirs et surtout des femmes noires au XVIIe siècle.

Maryse Conde est une écrivaine noire guadeloupéenne qui a vécue dans un certain nombre d’îles des Antilles, de pays d’Afrique de l’Ouest, d’Angleterre, de France et des États-Unis. Elle a donné des conférences dans des universités prestigieuses sur la littérature antillaise et des sujets qui s’y rapportent, de plus elle a écrit un certain nombre de romans et de pièces de théâtre.

Dans les années 1980, Condé a trouvé des documents sur les nombreux et sordides procès des sorcières conduits dans la Nouvelle-Angleterre puritaine à la fin du XVIIe siècle, parmi eux une mention plutôt laconique d’une esclave noire Tituba de la Barbade qui était accusée de sorcellerie à Salem, puis vendu pour le prix de ses frais de prison… On en savait très peu sur Tituba.

L’histoire de Tituba commence de nombreuses années avant que l’hystérie de la sorcellerie n’atteigne le village de Salem et nous emmène bien plus loin que le Massachusetts. Dans le livre de Condé, la figure historique de Tituba est nécromanciée en un narrateur audacieux, racontant son histoire de l’enfance à sa mort. En tant que fille d’une esclave ashanti et sous-produit du viol, le ton de l’injustice est donné dès la première phrase. Avec l’assaut qui a lieu sur le pont d’un navire baptisé « Christ The King », nous pensons que nous sommes préparés à l’hypocrisie religieuse, prêts à entendre l’iniquité exécutée sous le couvert du christianisme puritain. En toute honnêteté, nous ne sommes pas prêt . Condé nous montre la vie au 17e siècle à travers de nouveaux yeux; nous oublions ce que nous savons de la vie à une telle époque et nous sommes aussi vulnérables que notre protagoniste à chaque torsion du récit.

Maryse Conde a décidé de donner vie à Tituba, comme elle l’a dit: « une réalité qui lui a été refusée en raison de sa couleur et de son sexe » et « parce qu’un Noir est censé ne pas avoir d’autre histoire que le colonialisme. Dans un fil conducteur fascinant, par endroits ironique mais toujours très compatissant, Maryse Condé recrée l’histoire de vie complètement injuste de Tituba comme une interprétation fictive dans le meilleur format du rêve Condean sur une base historique, qui comporte une lourde composante de réalité. D’une manière presque surréaliste mais toujours très terre-à-terre, le livre propose un rappel de l’histoire américaine, « moi, Tituba sorcière… » emmène ses lecteurs dans un voyage unique à travers les yeux d’une Afro-américaine qui est la proie de l’amour, de la luxure et de la religion. Certaines des «punitions» que Tituba subit sont surprenantes et, souvent énervantes mais c’est une lecture incontournable pour ceux qui veulent savoir à quoi ressemblait la vie d’une Afro-américaine pendant les procès de Salem. Ce manifeste est lié à l’injustice ou à ses formes actuelles; parallèles historiques d’exploitation, de répression et de folie pure; racisme; misogynisme; féminisme noir; spiritualité; Histoire culturelle; éthique sociale.

Moi, Tituba sorcière … est un roman féministe postcolonial qui intègre de véritables archives historiques, de conversations et d’interrogatoires, souvent dans la mesure où nous, en tant que lecteurs, oublions que l’histoire de Tituba post-Salem reste non documentée. Maryse Condé romance de nombreux aspects de la vie de Tituba, afin de lui accorder une fin satisfaisante et heureuse. Le goût de Tituba pour l’amour et la romance ne fait pas oublier les liens de sororité qu’elle établit avec les femmes de son histoire, des femmes à la fois blanches et de couleur. Elle est pourtant souvent trahie par ceux en qui elle a confiance, mais cela n’endurcit pas son cœur. Cette femme est une inspiration pour nous toutes. Tituba nous rappelle que nous ne devons pas nous permettre de devenir comme ceux qui chercheraient à nous détruire au lieu de cela, nous aurons la capacité de regarder à l’intérieur de nous meme et nous nous élèverons au-dessus et, ce faisant, nous saurons que la bonté prévaudra toujours.

« Moi, Tituba sorcière… » de Maryse Condé – éditions Gallimard – collection Folio.

« Le Prince » de Nicolas Machiavel.

classique, Littérature étrangère

Vous devez tuer le renard, brûler la rose, assassiner l’homme d’affaires au cas où l’un d’eux essaie de prendre le contrôle de votre principauté. Il n’y a pas de temps pour être gentil! À la fin de la journée, sachez qu’il vaut mieux être craint qu’aimé si vous ne pouvez pas être les deux. Néanmoins, gardez à l’esprit le chapitre 23.

L’Italie des années 1500 était une terre triste et découragée de guerres constantes, de morts, de destructions, de trahisons politiques, d’aristocrates avides essayant d’agrandir leurs petits États italiens mais aussi d’invasion par des troupes étrangères venant de France, d’Espagne, et de Suisses, des dirigeants renversés et tués, des armées qui marchent continuellement, des villes pillées, des incendies flamboyants, des mercenaires massacrant des innocents, la peste se propageant, seuls les sages, les forts et les chanceux peuvent demeurer …, à la Renaissance Niccolò Machiavelli était un homme politique prospère et un diplomate astucieux de la Florence volatile, jusqu’à ce qu’il y perde du pouvoir et de l’influence dans un pays qu’il aimait tant. 500 ans après la publication de ce petit livre brillant mais controversé, des aspects de son contenu seront reconnus par le public moderne, un nouvel adjectif vient le jour, celui de: machiavélique … « pour tromper les gens par des méthodes insidieuses et manipulatrices. » Et sachant à quel point les hommes sont perfides, ses écrits deviennent célèbre, Le Prince se base sur l’histoire vraie du rusé César Borgia, le fils illégitime du pape Alexandre VI mais pas que…

« Les hommes sont des créatures misérables »… « Il vaut mieux être craint qu’aimé »… « N’essayez jamais de gagner par la force ce qui peut être gagné par la tromperie »… a déclaré Machiavel.

Il connaissait le cœur des princes mieux que personne. Après avoir vu César Borgia et discuté longuement avec lui, il est devenu un de ses admirateurs (bien conscient de tout son mal, de l’homme sanglant qu’il était, cela pouvait être pardonné en ces temps) … il pensait que cet homme pouvait apporter la paix dans son pays natal notamment par la conquête … chasser la faute, les soldats étrangers, unir à nouveau l’Italie …

Le Prince, encore largement lu est un livre assez important sur les voies du monde, raconté par un homme qui a été impliqué pendant cette époque turbulente … cet écrivain voulait donner au lecteur italien l’espoir d’un avenir meilleur et plus prospère …

C’est un traité majeur qui a influencé plusieurs dirigeants politiques à travers l’histoire. Machiavel est encore largement considéré comme le père de la politique moderne à condition d’enlever toute trace de théologie et de moralité à ses œuvres.

Donc, il y a beaucoup de concepts qui devraient rester dans le livre et quelques-uns que vous pouvez appliquer aux circonstances quotidiennes. Il fournit ce que vous attendez, si vous voulez savoir comment avoir et garder le pouvoir pour vous, peu importe la personne que vous écrasez, et tout cela en utilisant un langage assez simple. C’est un petit livre facile à comprendre, la notion d’atteindre la gloire, le pouvoir et la survie, peu importe à quel point vous devez être immoral … ce n’est pas difficile à comprendre.

Cruauté, méchanceté, immoralité; toutes ces choses apparemment nécessaires pour atteindre la grandeur, toutes imprimées il y a longtemps sous la forme d’un petit livre, juste comme ça … D’un point de vue tordu, parfois, c’est presque un peu drôle.

En bref, c’était une excellente re lecture

« Le prince » de Machiavel – Éditions Gallimard, collection Folio classique

« Les frères Karamazov » de Fiodor Dostoievski

classique, Littérature étrangère


« Si le juge était juste, peut-être le criminel ne serait pas coupable. »

La description par Dostoïevski des tragiques frères Karamazov et du meurtre de leur père suscite des questions sur la souveraineté de Dieu, la place de la souffrance dans notre monde, la dépravation humaine et la rédemption par la douleur.(ce sont d’ailleurs les thèmes principaux de l’auteur qui se retrouve dans à peu près tous ses livres.)

J’avais décidé de lire ce livre en 2015 après avoir lu « crime et châtiment » qui a été pour moi une révélation, j’ai développé par la suite un grand intérêt pour la littérature post-révolutionnaire Russe (mais ça tout le monde le sait). Je dirais pour commencer, qu’il y a des sections de ce livre où les questions théologiques sont si profondes et si bien traitées que le lecteur sent qu’il doit les lire plusieurs fois pour en ressentir pleinement leur force.

« Je deviens l’ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux. En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d’amour pour l’humanité en général. »

Qui, après avoir lu ce livre, peut oublier Fiodor Karamazov, l’irresponsable père ? Ou Ivan, le fils rationaliste froid qui a abandonné sa croyance en Dieu? Ou Dmitri, le fils bien intentionné, prisonnier de ses propres désirs ? Et bien sûr, Aliocha, le bon fils qui a confiance en Dieu mais qui est impuissant à arrêter le meurtre de son père? Et ce ne sont que les Karamazov. Les descriptions de Dostoïevski de Katerina, Grushenka, Père Zosima et Smerdyakov: le serviteur de Fyodor et qui serait son enfant illégitime.

Le meurtre de Fyodor, et le procès subséquent de son fils aîné Dmitri (« Mitya »), est l’intrigue principale, mais le meurtre ne se produit en fait qu’à mi-chemin, et le procès, à l’apogée, n’est pas vraiment un mystère , parce que Dostoïevski nous a déjà dit qui était le meurtrier et a télégraphié quel serait le résultat du procès. Donc, appeler les frères Karamazov un « mystère du meurtre » n’est pas vraiment exact. Le meurtre est la partie la moins intéressante du livre – Dostoïevski passe la première moitié à construire tous les personnages, à établir leurs relations et à rendre le meurtre presque inévitable.


« Là encore, tu te faisais une trop haute idée des hommes, car ce sont des esclaves, bien qu’ils aient été créés rebelles.
»

Les frères Karamazov ne sont pas pour les faibles de cœur. Il est parfois difficile à lire. À d’autres moments, son histoire est captivante. Et, comme toujours dans les œuvres de Dostoïevski, la profondeur de la pensée derrière le questionnement philosophique est ce qui distingue le livre. Si vous avez le temps de lire et que vous aimez la littérature classique, achetez le et lisez tout. « Le joueur » peut aussi être une bonne entrée pour commencer Dostoievski.

« Les frères Karamazov » de Fiodor Dostoievski – Éditions (le classique de poche) Le livre de poche .

« Ma cousine Rachel » de Daphné du Maurier.

classique, Littérature étrangère

Phillip Ashley a été élevé par son cousin, Ambrose, un célibataire confirmé. Ils sont satisfaits de leur arrangement et du rôle de Phillip en tant qu’héritier de l’héritage d’Ambrose.

Cependant, la complaisance de Phillip est bouleversée de manière tout à fait inattendue quand Ambrose se rend à Florence pour passer l’hiver, il fait une charmante rencontre « celle de cousine Rachel», une femme liée à leur famille, et tombe immédiatement sous son charme.

Dans une période étonnamment brève, Ambrose passe du bonheur conjugal à la mort, laissant Phillip furieux contre Rachel, la soupçonnant de contribuer à la disparition de son cousin d’une manière ou d’une autre.

Mais, lorsque Rachel se présente à sa porte avec les affaires d’Ambrose, Phillip se retrouve lui aussi enchanté par Rachel et oublie vite ses jalousies et ses soupçons .

Rachel, pour sa part, semble être tout à fait charmante, mettant l’accent sur ses «instincts de femme» et d’autres talents. elle semble faire appel à sa sensibilité. Elle s’intègre si parfaitement dans la vie de Philip que vous ne pouvez pas vous empêcher d’être méfiant: est-elle vraiment aussi charmante ou joue-t’elle la comédie? Rachel détourne chaque accusation lancée avec des excuses qui semblent parfaitement raisonnables, mais elle reste une énigme. Tout ce que nous savons d’elle, c’est ce que nous voyons à travers les yeux de Philip.

Alors que Philip commence à perdre la tête et devient absolument obsédé par elle, je me suis sentie déchiré. D’une part, je voulais fouiller dans les pages, attraper les épaules de Philip et lui dire de faire attention – mais d’autre part, je voulais vraiment que Rachel se révèle être un cerveau de veuve noire, enveloppant habilement cette bande impulsive d’un homme autour de son petit doigt comme elle l’avait fait tant de fois auparavant avec ceux qui essayaient de la contrôler et de la posséder. La tension monte à mesure que Philip devient de plus en plus désespéré de faire sienne Rachel, et je n’avais honnêtement aucune idée du résultat.

Ce livre a tellement de couches, mais il progresse lentement, ajoutant des nuances sinistres, petit à petit, jusqu’à ce que je me retrouve prise au piège dans la trame du récit.

Ce livre combine mystère gothique, fortes nuances féministes, jeux psychologiques, vanité, culpabilité et suspicion, à certains moments j’étais à la fois exaltée et sous tension notamment envers phillip, étant trop naïf, j’ai eu à de nombreuses reprises des colères intérieures que seuls ceux qui l’ont lu peuvent comprendre. Mais cela m’a aussi laissée une pléthore de théories et de spéculations.

Rachel est-elle coupable… ou était-ce vraiment Phillip? Ou était-elle innocente? Tous les deux? Phillip n’était-il qu’un pion dans le plan de Rachel? Phillip a-t-il inutilement détruit sa vie.

Qu’on se le dise ce roman a une qualité atmosphérique très lourde et c’est ce qui m’a attirée dès le début. En fait, j’étais tellement transportée que j’ai mis de côté tout le reste et je me suis abandonnée à la lecture, cependant, la fin m’a un peu déçue. Du Maurier laisse tomber la dernière pièce du puzzle. J’ai vraiment apprécié le voyage mais je ne sais toujours pas quoi faire de la destination. Je sais que c’est le parti pris de l’autrice, mais je me sentais insatisfaite. Quelques changements ici et là auraient pu faire de « Ma Cousine Rachel » un merveilleux thriller psychologique et une exploration de la jalousie, mais dans l’état actuel des choses, elle n’est pas tout à fait à la hauteur de son potentiel. Cependant, j’ai vraiment apprécié la lecture et je recommande ce roman à tous les fans de Daphné du Maurier.


« Ma cousine Rachel » de Daphné du Maurier – Édition Le livre de Poche.

« En finir avec la culture de viol » de Noémie Renard

essai féministe, Sciences humaines

Un livre que tout le monde devrait lire pour s’éduquer sur les comportements et les réflexions à ce sujet car malheureusement beaucoup de Français ont une réelle méconnaissance sur les mécanismes du viol et les conséquences graves que cela peut avoir sur la victime. Cet essai m’a fait comprendre qu’ont a encore beaucoup de travail à faire pour évoluer les mentalités et permettre aux victimes de ne plus avoir honte.(Cette même honte doit changer de camp)

Noémie renard nous propose une réflexion fondamentale pour alimenter le débat qui parcourt notre société, cette féministe a pris conscience des inégalités persistantes entre hommes et femmes, dans cet essai, elle nous livre des études sur le genre dans toutes les disciplines anthropologique, sociologique et historique. Elle nous aide à comprendre la culture du viol dans son ensemble, de par les stéréotypes de mythes, le laxisme judiciaire ou encore les nombreuses coercitions conjugales et économiques… elle démasque également les leviers de la domination masculine dans le domaine de la sexualité afin que notre société puisse combattre ce système patriarcal oppressif.

Le viol, c’est de la violence, de la domination, de l’humiliation, mais sous une forme sexualisée.

L’expression « culture du viol » est née dans les années 1970 aux États-Unis au sein du mouvement féministe radical. Il désigne une culture(dans le sens de l’ensemble des valeurs des modes de vie et des traditions d’une société) dans laquelle le viol et les autres violences sexuelles sont tolérés.

En France la culture du viol est assez présente notamment dans les stéréotypes et les mythes qui entourent la sexualité selon l’idée que les hommes ont une sexualité active et les femmes une sexualité passive « dominant-soumise » (qui n’a pas en tête le best-seller 50 nuances de grey) Or, l’idée que la sexualité féminine est intrinsèquement passive peut servir de justification aux violences et à la subordination sexuelles, ce phénomène n’est pas seulement présent dans les films mais aussi dans la pornographie et dans les nombreuses publicités ou clips musicaux. Malheureusement les images montrant les femmes en tant qu’objets sexuels suggèrent qu’elles peuvent avoir tendance à rendre davantage sexistes et tolérants aux violences sexuelles du moins chez une partie des consommateurs.

Évidemment dans ces circonstances, on peut se demander où se positionne le consentement. Le consentement est avant tout une réponse à une avance mais dans le cas de coercition graduelle où la victime est soumise au chantage par ex: le fait de profiter d’une personne dans le besoin pour obtenir un acte sexuel peut être qualifié de coercition économique. Beaucoup de femmes peuvent accepter un rapport sexuel non parce qu’elles le désirent mais pour éviter de subir les conséquences négatives d’un refus ou parce qu’elles s’y sentent obligées. (Peur d’être abandonnée par son compagnon, peur d’être virée…) il est donc urgent dans notre société de redéfinir le terme du consentement qui n’est pas seulement une acceptation mais l’expression de volonté et du désir. La France à la différence du Canada de l’Australie ou encore de la Nouvelle-Zélande est un pays en retard en ce qui concerne la reconnaissance du viol par le système judiciaire, car de nombreuses plaintes sont envoyées en correctionnelle et non aux assises. Cela veut dire que le viol est encore considéré comme un délit et non comme un crime . C’est pour cela que les féministes se battent pour veiller à ce que la qualification criminelle du viol soit retenue est poursuivie devant les cours d’assises.

Il est important de dire que les violences sexuelles ne peuvent être analysées que de manière indépendante, elles prennent aussi racine dans un système social inégalitaire(notamment entre les femmes et les hommes et entre enfants et adultes).

La lutte contre la culture du viol doit s’inscrire dans une bataille plus large contre les inégalités sociales et économiques, la valorisation des orientations sexuelles, la répartition des tâches domestiques, L’éducation des enfants…

vous l’aurez compris, il est important de s’éduquer sur le sujet, cela doit passer par les pouvoirs publics pour sensibiliser les jeunes à la sexualité et au consentement, cela passe également par chacun et chacune d’entre nous, Ressentir de l’empathie envers les victimes, ne fermer pas les yeux, Écoutez-les et renseignez-les en transmettant le bon numéro (SOS viols par exemple)… car c’est à nous de faire changer les choses et d’améliorer la situation pour un monde plus sûr.


« En finir avec la culture du viol » de Noémie Renard – éditions Les petits matins

« Des femmes dans la mafia » d’Anne Veron et Milka Kahn

Sciences humaines, socio-économique

Quelle est la place des femmes dans la Cosa Nostra, la camorra ou encore la ’Ndrangheta ?
Vingt ans après l’assassinat des juges antimafia Falcone et Borsellino commît par Toto Riina, Anne Véron montre à travers trois portraits de femmes, filles, sœurs­­ des « hommes d’honneur » sont souvent à la fois victimes et complices de l’horrible pieuvre.

Si l’on réfléchit un instant, dans la mafia, les hommes sont rarement à la maison car ils sont soit en fuite, soit en prison. Ils passent donc peu de temps avec leurs enfants. Alors qui est-ce qui transmet la culture mafieuse? Le père qui n’est jamais là? Les dépositaires du crime originel ce sont les femmes. Ce sont les femmes qui créent dans l’imaginaire des enfants des hommes extraordinaires.


« Aujourd’hui, le mot « mafia » est irrémédiablement associé à un monde d’hommes, de violence, de trafics illicites Or, la « femme d’honneur » existe. Elle constitue l’autre versant, souvent occulté, de la Mafia. »


Protégées par les stéréotypes culturels, le fameux concept de « fragilitas sexus » de sexe faible, hérité du droit romain a donc offert aux femmes une sorte de protection vague et à jamais codifiée, face a la loi.
Les femmes ont continué à acquérir toujours plus de poids dans les activités criminelles de la mafia, notamment dans la sphère économique et financière.

Seulement les femmes qui succèdent aux hommes en voulant démontrer qu’une femme peut faire les mêmes choses qu’un homme ne se rend pas compte qu’elle s’identifie au modèle masculin qui l’opprime. Finalement elle ne s’est pas rebellée, Elle est juste passé du côté des plus forts et a fini par perpétuer le pouvoir dont elle avait été victime. Et même si on parle de pseudo-émancipation,il ne s’agit pas pour autant de libération, la vraie libération est sans doute celle des femmes qui a l’image de Rita Altri ou Anna Carrino choisissent de changer de vie en collaborant avec la justice, pour casser la transmission des rites mafieux souvent profondément sexistes et machistes.


« Infâme », c’est le terme utilisé par les familles mafieuses pour désigner les collaborateurs ou les témoins de justice: ceux qui trahissent l’organisation. »


Et même si en apparence la mafia d’aujourd’hui ne tue qu’en dernier recours, elle est plus puissante qu’avant. Elle est passée à une criminalité en col blanc, de gestion, à laquelle les femmes s’intègrent plus facilement. Du coup, depuis quelques années, elles sont plus nombreuses en prison : plus de deux cents aujourd’hui selon Anne Veron.


« Des femmes dans la mafia,madones ou marraines? » Anne Veron et Milka Kahn – Éditions nouveau monde

« No Kid » de Corinne Maier

essai féministe, Sciences humaines

Aujourd’hui on aborde un sujet un peu « touchy » celui de la non maternité, c’est ce qu’a entrepris Corinne Maier dans son essai « No kid » écrit en 2007. Toujours dans une volonté de l’émancipation féminine et de l’avancée du féminisme  voici 40 raisons qui décomplexe les personnes qui n’ont pas d’enfant et qui ont toutes les bonnes raisons de ne pas en vouloir. 

« Je ne veux pas d’enfants ». Voilà, c’est dit. J’ai lâché le dossier, me voilà devenue aux yeux du monde une vieille aigrie qui refuse de profiter du miracle de la vie, qui n’est pas capable de donner de l’amour ou de supporter quelqu’un plus de trois heures de suite. Paraît-il que d’après « Mona Chollet », je suis une sorcière.

On demande toujours aux gens qui n’ont pas d’enfant pourquoi ? Mais jamais à ceux qui en ont, pourquoi ils en ont eux? Hein ? « Vous avez 4h ! »

En France être « sans enfant » est une tare ; jugés en permanence, on est alors confronté à toutes les problématiques des pressions de la famille et de la société (amis, collègues, entourage plus ou moins proche), ceux qui ont osé ne pas en vouloir suscite la commisération : « il a gâché sa vie »  « des égoïstes »  « instables »… 

Qu’on se le dise ne pas avoir d’enfant est un choix, pas un handicap. Malheureusement cette France nataliste et autosatisfaite donne l’image de la famille qui n’existe que dans les magazines et gare aux mères qui prétendent le contraire. On vous traitera de « mère indigne » Bah oui car c’est chez nous que le diktat de la maternité est le plus fort, encouragé par une politique familiale vigoureuse (crèche, allocations, école maternelle…) sans parler des pressions sociales qu’exerce la société sur les familles et notamment envers les mères.

Il y a également les réflexions de celles et ceux qui sont parents qui diront « tu verras c’est trop génial« . De plus quand on a la chance d’être un homme, on n’a pas à subir les « tant qu’il est encore temps, l’horloge biologique tourne ». Être une femme et faire le choix de la non-parentalité, c’est donc quelque chose qui est loin d’être facile. Toutes ces réflexions montrent bien la pression de la Société sur les personnes qui ont décidées de faire un choix différent de la norme. Un choix personnel devrait-il être valider par les autres ?

Cela dit avec la montée du féminisme, la décision de ne pas avoir d’enfants représente l’un des changements les plus remarquables dans la famille moderne: au cours des dernières décennies, le nombre de couples qui ne veulent pas volontairement devenir parents (généralement appelés « childfree ») a considérablement augmenté dans le monde entier, devenant un enjeu important pour la géographie culturelle. Cet essai présente un point de vue abordé de façon caustique sur le choix de ne pas avoir d’enfant afin de mettre à jour la littérature en tenant particulièrement compte de l’incidence des aspects sociologiques, des stéréotypes traditionnels généralement attribués aux personnes ayant des enfants et de la véritable psychologie, aspects qui semblent être à la base une décision de rester sans enfants.

Vous retrouverez les 40 raisons qui vous feront changer d’avis ou qui d’une certaine façon, désacralise la maternité pour en finir une bonne fois pour toute avec la culpabilité maternelle. Parce que non, les mères ne sont pas toutes des Housewives, une pensée pour toutes les girls boss et celles qui chaque jour font de leur mieux (Le plus dure métier du monde c’est le votre) SVP, à prendre au second voir au troisième degré, ce livre se veut drôle et piquant, rempli de vérité trop dure à accepter, pour une fois que quelqu’un ose écrire ce que la plupart des parents pensent tout bas… Et on dit Merci Corinne !


« No Kid » de Corinne maier – Éditions Michalon

« Mamma Maria » de Serena Giuliano

contemporain, Littérature française

Des jupes qui virevoltent, une chaleur humide, le murmure des vagues, le son des couverts qui s’entrechoquent, un café en terrasse, les rires d’une soirée d’été… Vous y êtes ? Bienvenue au cœur de la Dolce Vita Italienne. Bienvenue Chez Mamma Maria !


« Il faut des pâtes pour vivre. Il faut des lasagnes, de la friture,du gras, de l’eau de mer et du soleil. Sinon, la vie ne vaut même pas la peine d’être vécue. »


C’est dans cette ambiance « molto calda » que Maria la mamma italienne tient le bar du coin depuis plus de 40 ans, celle qui a la capacité d’écouter Celentano en boucle et de prendre soin de chacun de ses clients.

Sofia habitait Paris mais elle est rentrée au pays, depuis sa rupture avec Jérôme qui n’a jamais voulu découvrir ses racines napolitaines , à tous ces gens avec lesquels elle a grandit, à son petit coin de paradis qui lui permet d’écrire pendant des heures. La dolce vita, le Spritz, les bons petits plats italiens, tout respire le bonheur et la sérénité retrouvée pour Sofia. Jusqu’au jour où deux « invités surprise » pas vraiment attendus apparaissent au cœur de ce village, dans leurs vies à tous.


« Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’est le café ? Le café est une excuse. Une excuse pour dire à un ami que tu l’aimes. »


C’est un voyage en Italie. Un roman sur le don de soi, l’amitié, la perte d’un être cher et un message fort sur la situation des migrants dans un pays où plane la montée du parti nationaliste…

Un livre chaleureux et généreux, optimiste, tendre qui dans les circonstances actuelles fait beaucoup de bien au moral, j’ai même l’impression d’être en Italie, cette Italie que j’aime tant. Parce qu’à plusieurs kilomètres de son Italie à elle, se trouve mon Italie à moi. On y trouve les mêmes vieux qui jouent en terrasse à la scopa durant des heures, les mêmes mentalités qu’on ne comprend pas toujours, des personnes aux cœurs tendre, débordent de gentillesse et de générosité. 

Une lecture tout en légèreté où vous en prendrez plein les yeux et plein le cœur et que je vous recommande pour fuir la morosité ambiante ! 

« Et puis, pour le reste, c’est à vous de partir en voyage. »


« Mamma Maria » de Serena Giuliano – Éditions Cherche mide

« La belle italienne » de Lucinda Riley

contemporain, Littérature étrangère

Lucinda Riley fait monter la température en nous emmenant dans une belle et séduisante Italie où l’amour obsessionnel et les talents extraordinaires partagés par deux chanteurs d’opéra auront un effet significatif sur le destin de tous ceux qui leur sont proches.

L’histoire de Rosanna Menici commence en 1966 dans la ville animée de Naples , bruyante et surpeuplée où elle est née et où les gens partagent leur joie et leur tristesse, et rient, pleurent… et chantent.

 Depuis ses débuts pauvres, ses parents qui travaillent dur, avec l’aide du frère de Rosanna, Luca, ont érigé leur pizzeria comme l’une des plus célèbres du quartier de la ville.

Rosanna, onze ans, est la plus jeune de la famille et s’est toujours sentie éclipsée par sa sœur aînée Carlotta, une séduisante jeune femme de 16 ans qui attire les hommes, lui prétendant même une ressemblance à Sophia Loren.

Lors d’une fête de quartier, Rosanna rencontre Roberto Rossini, un garçon local qui est maintenant étudiant à La Scala de Milan, un homme d’une grande beauté physique avec une voix à la hauteur des plus grands ténors. Pour elle, c’est le coup de foudre, en particulier lorsque Roberto entend Rosanna chanter et lui dit que sa voix est aussi «un cadeau de Dieu». À ce moment-là, la petite Rosanna de seulement 11 ans écrit dans son journal que quand elle sera plus grande, elle deviendra son épouse.

Plusieurs années après cette fatidique rencontre, la vie de Rosanna change du jour au lendemain.  Avec des cours de chant payés en secret par Luca, elle remporte finalement une bourse d’études dans une école de musique à Milan et se dirige donc vers le nord avec son frère comme tuteur.

Dans les années à venir, les destins de Rosanna et Roberto seront liés pour toujours à la fois par leur complicité sur scène et par leur amour inconditionnel mais malheureusement le rêve se termine lorsque Rosanna prend conscience de la face cachée de son mari, dès lors, leur union est hantée par de puissants secrets du passé…

Lucinda Riley nous guide à travers trente ans d’historicité de style latin, un parcours classique de la lutte d’une jeune fille pour réaliser son rêve de chanteuse d’opéra.  Un cheminement magnifiquement conçu révélant les nombreux aspects de l’amour, familial, romantique et obsessionnel.  L’histoire qui commence à Naples emmène l’héroïne et le lecteur dans un merveilleux voyage non seulement dans les plus grands opéras mais aussi à travers les joies et les peines, les secrets et les surprises de la vie. 

Au rythme effréné, baignée par le soleil de l‘Italie et les lumières vives de la célébrité, dégoulinant de glamour, d’intrigue et de romance « La belle italienne » se veut l’un des romans les plus romantiques encore jamais lu jusqu’ici. 


« La belle italienne » de Lucinda Riley – éditions Charleston poche.