« Le général du roi » de Daphné Du Maurier.

classique, Littérature étrangère

Chaque fois que je lis un livre de Daphné Du Maurier, j’ai l’envie frénétique d’acheter tous les ses livres actuellement disponible en librairie. J’avais d’ailleurs lu quelque part un commentaire sur l’autrice, quelqu’un disait que « quand il se mettait à lire un roman de Daphné du Maurier, Il ne pouvait s’arrêter de lire jusqu’à qu’il ne tombe de sommeil ». Je partage également ce sentiment.

Ses livres se divisent généralement en deux catégories: le suspense (comme « Rebecca » ou en fiction historique comme « le général du roi » ou quelque chose entre les deux. Dans les œuvres de du Maurier, il y a aussi un côté assez vintage que j’affectionne où le sentiment d’incertitude se ressent dans tous ses romans.


Honor Harris, 18 ans, a hâte de passer le reste de sa vie avec l’homme qu’elle aime, mais lorsqu’une tragédie survient à la veille de son mariage, le mariage n’a alors jamais lieu. Quinze ans plus tard, alors que l’Angleterre est divisée par une guerre civile qui oppose les royalistes et les parlementaires, Honor est envoyée à Menabilly où elle rencontre son amour perdu, Richard Grenvile.

Malgré ses efforts pour rester à l’écart de Richard, Honor se retrouve une fois de plus attirée par lui, mais la guerre complique les choses car la position de Richard en tant que général du roi lui a fait de nombreux ennemis. Pleinement consciente de sa position d’infirme, Honor choisit de l’aimer de toute façon et leur relation menace de devenir scandaleuse.

La relation entre Honor et Richard n’est pas ce à quoi vous pourriez vous attendre. C’est tendre et passionné, mais à aucun moment du roman ils ne consomment leur amour ni le vivent au grand jour. Au lieu de cela, tout est plus ou moins enfoui, et aucun d’eux ne veut évoquer les souvenirs douloureux du passé.


Les sequences historiques du roman sont très bien documentées, bien qu’il y ait eu des moment où je trouvais que l’intrigue tournait trop souvent autour des conflits entre royalistes et rebelles. Cela dit, a aucun moment l’autrice prend un parti pris vis-à-vis de l’un des deux camps.

D’ailleurs, j’ai vite compris que beaucoup des personnages cités dans ce livre sont inspirés de faits réels et pour le coup, j’ai eu une véritable leçon d’histoire, et dans ce cas précis, une leçon sur la guerre civile anglaise qui a sévi au XVIIe siècle.

Avec « le général du roi » nous sommes donc plongés dans la guerre civile anglaise qui met en lumière la guerre, la perte, l’amour, les désillusions et les scènes d’un point de vue cornique(origine de cornouilles).

Bien différente des autres que j’ai lues, cette perspective apporte une vision claire du décor et des horreurs de la guerre, ainsi que du chagrin et de la terreur des citoyens. 

On ne peut imaginer à quel point les temps étaient difficile à cette époque. À chaque instant, je me suis imaginée être une héroïne de cette histoire vivant avec eux les nombreux obstacles, les décisions difficiles, les émotions difficiles. Lorsque vous ajoutez à cela les combats politiques, les guerres, votre vie devient presque insupportable, quand bien même ils doivent vivre, doivent se battre, ils le font avec brio . Mes respects.

Un style impeccable, fluide et sophistiqué ! Encore un sans fautes pour daphné Du Maurier.


Merci aux éditions « Le livre de poche » pour cet envoi . De Daphné Du Maurier.

« Dracula » de Bram Stoker

classique, Littérature étrangère

Dracula est, bien sûr, l’une des histoires d’horreur les plus connues et le roman de vampire le plus adulé. Bram Stoker a établi les règles de base de ce que devrait être un vampire et a ensuite influencé de nombreux écrivains dans le genre. En effet, si les méchants tyranniques sont une nécessité à ce courant littéraire, le comte Dracula est le père de tous les méchants gothiques, bien qu’il soit l’un des derniers romans de fiction gothique.

Le roman est composé d’une multitude de revues, de lettres et d’articles. Car c’est ainsi que Bram Stoker a choisi de façonner son célèbre roman (sous forme épistolaire) ce qui permet de donner des informations sur les aspects historiques, politiques et littéraires. Un choix astucieux puisque les différents points de vue à travers chaque journal servent à créer un suspense qui convient parfaitement au ton gothique du roman. 

Ce livre raconte l’histoire du comte Dracula et sa tentative de déménager de son château en Transylvanie à un manoir en Angleterre d’où il prévoit de répandre la malédiction des « non-mort ». Les personnages principaux incluent l’avocat britannique de Dracula, Jonathan Harker qui se rend en Transylvanie pour aider le comte Dracula à acheter un domaine en Angleterre.  Pendant qu’il est au château, beaucoup de choses étranges se produisent. Au même moment sa fiancée Mina et son amie Lucy échangent sur leur projet de mariage, cependant après une escapade nocturne lors d’un séjour à Whitby, Lucy commence à agir bizarrement et son ami le docteur Seward l’examine. Étant totalement dans le flou sur l’état de santé de Lucy, il fait appel à son ami, un célèbre médecin, Van Helsing.  Van Helsing croit finalement que Lucy a été mordue par un vampire… tout ce qui se passera par la suite se construira à partir de ces deux événements…

Dracula possède des thèmes sous-jacents de race, de religion, de superstition, de science et de sexualité. J’ai remarqué qu’une grande partie du roman est une exploration sur le thème de la santé mental qui parcours beaucoup de ses personnages, qui ne concerne pas seulement Renfield. À un moment donné, chaque personnage se demande si leurs relations avec le comte sont nées d’une déficience mentale plutôt que d’une rencontre paranormale avec le vampire. Cela heurte la vision du réalisme victorien avec les événements paranormaux qui se produisent dans le roman.

Ce livre crée une atmosphère d’horreur qui a été constamment copiée au fil des ans mais jamais tout à fait capturée. Vous vivrez avec Harker dans ce château maudit. Vous combattez le comte en Angleterre … sans oublier le sentiment de terreur sur le navire qui a transporté ses boîtes de terre à travers la mer, tout restera avec vous à chaque fois que vous penserez à Dracula. Un must read en cette période…


« Dracula » de Bram Stoker – Éditions J’ai Lu

« L’amour aux temps du choléra » de Gabriel García Márquez.

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L’amour aux temps du choléra de Gabriel García Márquez est une histoire d’amour qui s’étend sur des décennies et explore le sentiment dans ses nombreuses variations. Situé dans une ville des Caraïbes au cours des 50 dernières années, il s’agit de l’histoire de deux personnes dont la vie s’entrelace à travers l’amour qui les habite.

Nous sommes présentés aux personnages principaux du livre dans la première partie. Le livre nous montre le vieux docteur Juvenal Urbino retrouvant son ami décédé et se met à expliquer son caractère et ses antécédents. Cela conduit à présenter sa femme, Fermina Daza, qui est au centre de l’histoire malgré sa position apparemment périphérique par rapport à son mari. Mais à la suite d’un malheureux accident, Juvenal Urbino décède et peu de temps après les funérailles, Fermina Daza reçoit un visiteur improbable: Florentino Ariza.

Florentino Ariza est inattendu en raison du fait que Fermina Daza n’a pas pensé à lui pendant les nombreuses décennies depuis leur première rencontre. Il est révélé que Fermina Daza et Florentino Ariza ont eu une sorte de liaison à travers des lettres d’amour quand ils étaient jeunes. Bien que leur amour soit fougueux, il a été ignoré en raison de leur jeunesse et de l’enivrante passion pour Fermina. Bien que les jeunes amants étaient amoureux, elle a finalement rencontré et épousé Juvenal Urbino, laissant Florentino porter sa peine pendant plus de 50 ans sans jamais perdre espoir de la revoir.

La romance dans le roman va au delà de l’admiration qu’à Florentino envers Fermina. La passion et l’intimité sont aussi présentes entre les époux Fermina et Juvenal. Florentino Ariza cherche à oublier Fermina Daza par la promiscuité sexuelle et les affaires clandestines avec les femmes qu’il rencontre . Bien que leurs chemins se croisent en raison du chevauchement des cercles sociaux, ils n’évoquent le passé que lorsque Juvenal Urbino n’est plus présent.

Florentino suppose qu’il sait comment la vie de Fermina Daza s’est déroulée jusqu’à ce qu’ils se reconnectent dans leur vieillesse, mais nous voyons comment elle s’est réellement passée; les années de fidélité et d’infidélité (de la part de son mari), les disputes et la vie avec sa belle-mère difficile, et les éclats de bonheur momentanés sont tous cachés derrière la façade publique d’un couple heureux.

Malgré une réunion initialement mouvementée, Florentino Ariza et Fermina Daza commencent à passer du temps ensemble après la mort de son mari; il l’aime toujours et elle aime sa compagnie, mais ils sont inquiet car ils ont plus de 70 ans et à ce stade, elle se demande comment deux personnes en fin de vie peuvent être ensemble.

Comme son titre l’indique, le choléra joue un rôle dans l’histoire. Mais les thèmes de l’amour à travers les différents âges se retrouvent tout au long de ce livre. L’amour se manifeste à travers ses différentes incarnations: le jeune amour entre les adolescents, la passion physique entre ceux dans la vingtaine et la trentaine, l’infidélité, le mariage et le déclin de la passion dans la vieillesse.

La langue de García Márquez est intensément poétique et cela embellit la nature romantique de Florentino Ariza dans la quête perpétuelle de la femme qu’il aime. J’ai été extrêmement impressionnée par l’écriture de García Márquez et je ne pense pas être la premiere à admettre que j’avais une appréhension à lire ce qui pourrait être qualifié de roman d’amour (car comme vous le savez, je ne suis pas fan de ce genre d’histoire.) Après l’avoir mis longtemps de côté, j’ai sauté le pas, les nombreuses vidéos YouTube et chroniques sur bookstagram m’ont aidé à changer d’avis. Cela étant dit, je suis heureuse de l’avoir lu parce que « l’Amour aux temps du choléra » est une merveilleuse contribution au monde de la littérature.


« L’amour au temps du choléra » de Gabriel García Márquez – Éditions Grasset .

« La maison dans l’impasse » de Maria Messina.

classique, Littérature étrangère

En Sicile, la condition de la femme est subordonnée à celle de l’homme, avec des pans de radicalisme machiste qui, dans un passé encore récent, ont donné lieu à de retentissantes exclusions de la vie publique. Selon un scénario écrit d’avance, la femme, en Sicile, est conditionnée au niveau de ses choix existentiels, matrimoniaux et professionnels. Les femmes sont toujours ailleurs, à l’écart du groupe. Mais ce n’est qu’une partie de la réalité. La femme, et surtout la Mère, trouve sa place principale dans les limites du cercle familial.

C’est dans ces circonstances et à une époque pas si lointaine qu’évoluent nos deux protagonistes. Deux sœurs à la destinée toute tracée.

L’autrice Maria MESSINA dépeint la vie sicilienne telle qu’elle et n’offre ni paysages grandioses, ni drames sanglants. Avec finesse et sensibilité, Elle en saisi toute la nouveauté à l’intérieur de la fiction narrative sicilienne.

Nicolina et Antonietta grandissent dans une famille heureuse et nombreuse, tout semble réussir à cette famille de renom malheureusement leur père Don Pasquale alors secrétaire communal qui n’a rien d’un homme d’affaires dépensa rapidement son maigre capital.

Jusqu’au jour où un bienfaiteur le tira d’affaire. Cet homme c’est Don Lucio.

Lorsque Don Lucio demande Antonietta en mariage, il consent aussi à ce que Nicolina la plus jeune des sœurs puisse vivre avec eux.

Nicolina, cependant, qui ne devait être avec eux que temporairement y vivra toujours et s’occupera dévotement de toutes les taches domestiques ainsi que la garde des trois enfants du couple.

Nicolina tout comme sa sœur Antonietta seront dominées par l’attention malsaine de cet homme qu’on pourrait aujourd’hui qualifier de « pervers narcissique ».

Cette situation mêlera trahison et rancoeur. Les sœurs amies deviendront sœurs ennemies.

Cependant un rôle important, centrale est joué par Alessio le fils aîné. Sensible, intelligent et attentif à ce qui se passe à l’intérieur comme à l’extérieur de ces quatre murs domestiques, il sera au centre d’une tragédie qui tombera comme un rocher sur la vie des protagonistes. Antonietta et Nicolina passeront leurs journées « comme des âmes en peine  » et l’homme continuera d’avoir ses propres certitudes impénétrables.

Dans le monde de Messina, les femmes souffrent depuis longtemps et les hommes sont horribles. À ce jour, Elle est considéré comme étant une écrivaine féministe car le but de ses écrits est de révélé les conditions de soumission dans lesquelles les femmes ont été forcées de vivre. Loin du tableau de la Sicile romantique, ces femmes ne donnent pas l’image d’une vie plus riche en dehors de leur foyer. Docile et maltraitée, de célibataire solitaire à mères oubliées… essentiellement des femmes qui existent pour un peu plus que pour servir leurs hommes et reproduire plus de garçons à choyer et de filles à former dans la plus pure tradition machiste.


« La maison dans l’impasse » de Maria Messina – Éditions Cambourakis – Traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli.

« Mrs Dalloway » de Virginia Woolf.

classique, Littérature étrangère

« Elle pensait que les dieux n’existaient pas ; que personne n’y était pour rien ; ainsi elle se constitua cette religion d’une athée qui faisait le bien par amour du bien. »


En lisant ses œuvres, j’ai l’impression que Virginia Woolf sait tout sur les gens et qu’elle comprend la vie mieux que quiconque. Il n’y a aucun sentiment caché et elle a la faculté de décortiquer la psychologie de chacun de ses personnages. À ce jour je n’ai pas encore trouvé d’écrivain.ne qui arrive à faire ressortir ces sentiments et ces perspectives avec plus de grâce et d’empathie, et elle nous les transmet d’une manière si singulière. Chez Mrs Dalloway, Woolf est en mesure d’atteindre un équilibre complet comptant une demi-douzaine de personnes en quelques pages; Elle permet à ses personnages de haïr autant que d’aimer, et chacun doit exposer ses sentiments bruts et privés au lecteur.


« De plus, maintenant qu’il était totalement seul, condamné, abandonné, comme sont seuls ceux qui vont mourir, il y avait là un luxe, un isolement sublime, une liberté que ne pourrons jamais connaître ce qui sont liés. »


Je veux connaître Virginia Woolf; Je veux absorber sa sagesse et son talent, voir le monde à travers ses yeux, avec son âme: sage, belle, compréhensive. Elle est l’une des rares autrices dont l’écriture est si évocatrice et remplie d’humanité que je m’égare souvent dans les pensées de ma propre vie, me comparant à Peter Walsh ou Clarissa Dalloway ou Hugh Whitbread ou encore Sally Seton, dénichant la mienne. Ce livre est pour moi une éloge au temps qui passe. Beaucoup de gens qui ont lu les ouvrages de Woolf admettent être surpris du temps qu’il leur faut pour les terminer, même s’ils sont pleinement absorbés. Tous les amateurs de Woolf s’accorderont sur le fait que son écriture évoque une rêverie qui est profondément personnelle et incontournable.

La prose de Woolf est fantastique car nous somme sur un flux de conscience, l’histoire est davantage axée sur la psychologie que sur les faits. Si l’on est pas habitué à sa plume, cela peut être déroutant car les arrêts et les démarrages sont brusques pourtant cela est amené de façon si poétique avec des descriptions que je trouve si esthétiques., Mais pour quelque raison que ce soit, cela semble tout à fait correct ! Tout juste ce qu’il faut !

Il est difficile de discuter ou de résumer l’intrigue de ce livre, qui se déplace avec fluidité du « stream of consciousness » d’un personnage à l’autre . Ce livre propose de nombreuses approches partielles voire très modernes, reflétant le rôle de la femme dans la société, l’importance du mariage, la maladie mentale, les signes de notre temps, les conséquences de la guerre, le pouvoir de la médecine et bien plus encore. Mrs Dalloway est l’un de ces livres que vous pouvez non seulement relire et apprécier à différents moments de la vie, mais qui offrira de nouveaux plaisirs et de nouvelles approches à chaque étape. En d’autres termes, c’est une excellente lecture.


« Mrs Dalloway » de Virginia Woolf – Éditions Le livre de poche .

« Le Prince » de Nicolas Machiavel.

classique, Littérature étrangère

Vous devez tuer le renard, brûler la rose, assassiner l’homme d’affaires au cas où l’un d’eux essaie de prendre le contrôle de votre principauté. Il n’y a pas de temps pour être gentil! À la fin de la journée, sachez qu’il vaut mieux être craint qu’aimé si vous ne pouvez pas être les deux. Néanmoins, gardez à l’esprit le chapitre 23.

L’Italie des années 1500 était une terre triste et découragée de guerres constantes, de morts, de destructions, de trahisons politiques, d’aristocrates avides essayant d’agrandir leurs petits États italiens mais aussi d’invasion par des troupes étrangères venant de France, d’Espagne, et de Suisses, des dirigeants renversés et tués, des armées qui marchent continuellement, des villes pillées, des incendies flamboyants, des mercenaires massacrant des innocents, la peste se propageant, seuls les sages, les forts et les chanceux peuvent demeurer …, à la Renaissance Niccolò Machiavelli était un homme politique prospère et un diplomate astucieux de la Florence volatile, jusqu’à ce qu’il y perde du pouvoir et de l’influence dans un pays qu’il aimait tant. 500 ans après la publication de ce petit livre brillant mais controversé, des aspects de son contenu seront reconnus par le public moderne, un nouvel adjectif vient le jour, celui de: machiavélique … « pour tromper les gens par des méthodes insidieuses et manipulatrices. » Et sachant à quel point les hommes sont perfides, ses écrits deviennent célèbre, Le Prince se base sur l’histoire vraie du rusé César Borgia, le fils illégitime du pape Alexandre VI mais pas que…

« Les hommes sont des créatures misérables »… « Il vaut mieux être craint qu’aimé »… « N’essayez jamais de gagner par la force ce qui peut être gagné par la tromperie »… a déclaré Machiavel.

Il connaissait le cœur des princes mieux que personne. Après avoir vu César Borgia et discuté longuement avec lui, il est devenu un de ses admirateurs (bien conscient de tout son mal, de l’homme sanglant qu’il était, cela pouvait être pardonné en ces temps) … il pensait que cet homme pouvait apporter la paix dans son pays natal notamment par la conquête … chasser la faute, les soldats étrangers, unir à nouveau l’Italie …

Le Prince, encore largement lu est un livre assez important sur les voies du monde, raconté par un homme qui a été impliqué pendant cette époque turbulente … cet écrivain voulait donner au lecteur italien l’espoir d’un avenir meilleur et plus prospère …

C’est un traité majeur qui a influencé plusieurs dirigeants politiques à travers l’histoire. Machiavel est encore largement considéré comme le père de la politique moderne à condition d’enlever toute trace de théologie et de moralité à ses œuvres.

Donc, il y a beaucoup de concepts qui devraient rester dans le livre et quelques-uns que vous pouvez appliquer aux circonstances quotidiennes. Il fournit ce que vous attendez, si vous voulez savoir comment avoir et garder le pouvoir pour vous, peu importe la personne que vous écrasez, et tout cela en utilisant un langage assez simple. C’est un petit livre facile à comprendre, la notion d’atteindre la gloire, le pouvoir et la survie, peu importe à quel point vous devez être immoral … ce n’est pas difficile à comprendre.

Cruauté, méchanceté, immoralité; toutes ces choses apparemment nécessaires pour atteindre la grandeur, toutes imprimées il y a longtemps sous la forme d’un petit livre, juste comme ça … D’un point de vue tordu, parfois, c’est presque un peu drôle.

En bref, c’était une excellente re lecture

« Le prince » de Machiavel – Éditions Gallimard, collection Folio classique

« Les frères Karamazov » de Fiodor Dostoievski

classique, Littérature étrangère


« Si le juge était juste, peut-être le criminel ne serait pas coupable. »

La description par Dostoïevski des tragiques frères Karamazov et du meurtre de leur père suscite des questions sur la souveraineté de Dieu, la place de la souffrance dans notre monde, la dépravation humaine et la rédemption par la douleur.(ce sont d’ailleurs les thèmes principaux de l’auteur qui se retrouve dans à peu près tous ses livres.)

J’avais décidé de lire ce livre en 2015 après avoir lu « crime et châtiment » qui a été pour moi une révélation, j’ai développé par la suite un grand intérêt pour la littérature post-révolutionnaire Russe (mais ça tout le monde le sait). Je dirais pour commencer, qu’il y a des sections de ce livre où les questions théologiques sont si profondes et si bien traitées que le lecteur sent qu’il doit les lire plusieurs fois pour en ressentir pleinement leur force.

« Je deviens l’ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux. En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d’amour pour l’humanité en général. »

Qui, après avoir lu ce livre, peut oublier Fiodor Karamazov, l’irresponsable père ? Ou Ivan, le fils rationaliste froid qui a abandonné sa croyance en Dieu? Ou Dmitri, le fils bien intentionné, prisonnier de ses propres désirs ? Et bien sûr, Aliocha, le bon fils qui a confiance en Dieu mais qui est impuissant à arrêter le meurtre de son père? Et ce ne sont que les Karamazov. Les descriptions de Dostoïevski de Katerina, Grushenka, Père Zosima et Smerdyakov: le serviteur de Fyodor et qui serait son enfant illégitime.

Le meurtre de Fyodor, et le procès subséquent de son fils aîné Dmitri (« Mitya »), est l’intrigue principale, mais le meurtre ne se produit en fait qu’à mi-chemin, et le procès, à l’apogée, n’est pas vraiment un mystère , parce que Dostoïevski nous a déjà dit qui était le meurtrier et a télégraphié quel serait le résultat du procès. Donc, appeler les frères Karamazov un « mystère du meurtre » n’est pas vraiment exact. Le meurtre est la partie la moins intéressante du livre – Dostoïevski passe la première moitié à construire tous les personnages, à établir leurs relations et à rendre le meurtre presque inévitable.


« Là encore, tu te faisais une trop haute idée des hommes, car ce sont des esclaves, bien qu’ils aient été créés rebelles.
»

Les frères Karamazov ne sont pas pour les faibles de cœur. Il est parfois difficile à lire. À d’autres moments, son histoire est captivante. Et, comme toujours dans les œuvres de Dostoïevski, la profondeur de la pensée derrière le questionnement philosophique est ce qui distingue le livre. Si vous avez le temps de lire et que vous aimez la littérature classique, achetez le et lisez tout. « Le joueur » peut aussi être une bonne entrée pour commencer Dostoievski.

« Les frères Karamazov » de Fiodor Dostoievski – Éditions (le classique de poche) Le livre de poche .

« Ma cousine Rachel » de Daphné du Maurier.

classique, Littérature étrangère

Phillip Ashley a été élevé par son cousin, Ambrose, un célibataire confirmé. Ils sont satisfaits de leur arrangement et du rôle de Phillip en tant qu’héritier de l’héritage d’Ambrose.

Cependant, la complaisance de Phillip est bouleversée de manière tout à fait inattendue quand Ambrose se rend à Florence pour passer l’hiver, il fait une charmante rencontre « celle de cousine Rachel», une femme liée à leur famille, et tombe immédiatement sous son charme.

Dans une période étonnamment brève, Ambrose passe du bonheur conjugal à la mort, laissant Phillip furieux contre Rachel, la soupçonnant de contribuer à la disparition de son cousin d’une manière ou d’une autre.

Mais, lorsque Rachel se présente à sa porte avec les affaires d’Ambrose, Phillip se retrouve lui aussi enchanté par Rachel et oublie vite ses jalousies et ses soupçons .

Rachel, pour sa part, semble être tout à fait charmante, mettant l’accent sur ses «instincts de femme» et d’autres talents. elle semble faire appel à sa sensibilité. Elle s’intègre si parfaitement dans la vie de Philip que vous ne pouvez pas vous empêcher d’être méfiant: est-elle vraiment aussi charmante ou joue-t’elle la comédie? Rachel détourne chaque accusation lancée avec des excuses qui semblent parfaitement raisonnables, mais elle reste une énigme. Tout ce que nous savons d’elle, c’est ce que nous voyons à travers les yeux de Philip.

Alors que Philip commence à perdre la tête et devient absolument obsédé par elle, je me suis sentie déchiré. D’une part, je voulais fouiller dans les pages, attraper les épaules de Philip et lui dire de faire attention – mais d’autre part, je voulais vraiment que Rachel se révèle être un cerveau de veuve noire, enveloppant habilement cette bande impulsive d’un homme autour de son petit doigt comme elle l’avait fait tant de fois auparavant avec ceux qui essayaient de la contrôler et de la posséder. La tension monte à mesure que Philip devient de plus en plus désespéré de faire sienne Rachel, et je n’avais honnêtement aucune idée du résultat.

Ce livre a tellement de couches, mais il progresse lentement, ajoutant des nuances sinistres, petit à petit, jusqu’à ce que je me retrouve prise au piège dans la trame du récit.

Ce livre combine mystère gothique, fortes nuances féministes, jeux psychologiques, vanité, culpabilité et suspicion, à certains moments j’étais à la fois exaltée et sous tension notamment envers phillip, étant trop naïf, j’ai eu à de nombreuses reprises des colères intérieures que seuls ceux qui l’ont lu peuvent comprendre. Mais cela m’a aussi laissée une pléthore de théories et de spéculations.

Rachel est-elle coupable… ou était-ce vraiment Phillip? Ou était-elle innocente? Tous les deux? Phillip n’était-il qu’un pion dans le plan de Rachel? Phillip a-t-il inutilement détruit sa vie.

Qu’on se le dise ce roman a une qualité atmosphérique très lourde et c’est ce qui m’a attirée dès le début. En fait, j’étais tellement transportée que j’ai mis de côté tout le reste et je me suis abandonnée à la lecture, cependant, la fin m’a un peu déçue. Du Maurier laisse tomber la dernière pièce du puzzle. J’ai vraiment apprécié le voyage mais je ne sais toujours pas quoi faire de la destination. Je sais que c’est le parti pris de l’autrice, mais je me sentais insatisfaite. Quelques changements ici et là auraient pu faire de « Ma Cousine Rachel » un merveilleux thriller psychologique et une exploration de la jalousie, mais dans l’état actuel des choses, elle n’est pas tout à fait à la hauteur de son potentiel. Cependant, j’ai vraiment apprécié la lecture et je recommande ce roman à tous les fans de Daphné du Maurier.


« Ma cousine Rachel » de Daphné du Maurier – Édition Le livre de Poche.

« Rebecca » de Daphné du Maurier

classique, Littérature étrangère

« On dit que les humains sortent meilleurs et plus forts de la souffrance et que, pour progresser en ce monde ou en tout autre, il faut subir l’épreuve du feu. »


« Rebecca » est un roman qui vous transporte du début jusqu’à la fin, tant par l’écriture que par l’atmosphère générale du récit. Pas étonnant qu’il ait été en rupture de stock et que j’ai dû attendre 10 jours avant de le recevoir.

Ce livre c’est l’histoire d’une jeune femme (dont le nom restera un mystère tout au long du roman), son rôle premier est de tenir compagnie à une insupportable bonne femme (Mme Van Hopper) sauf que son destin va prendre un tournant exceptionnel lorsqu’elle rencontre Monsieur de Winter lors d’un voyage à Monte-Carlo. 

Après plusieurs rencontres secrètes avec la jeune femme, Maxim de Winter (mystérieux, calme, et plus âgé) s’éprend d’elle et la demande en mariage après quoi, il l’emmène dans sa célèbre propriété, Manderley, où l’ombre et la mémoire de sa défunte épouse semblent occuper tous les coins et commencent à prendre trop de place entre eux.  C’est comme s’il n’y avait pas d’espace pour la nouvelle épouse.

Ce livre est un tel chef-d’œuvre. Du début à la fin, il y a le plus fort sentiment de solitude que j’ai jamais lu, quelque chose que j’avais adoré chez Jane Eyre, quand elle était coincée à Thornfield rêvant de l’extérieur et de la liberté des hommes d’agir à leur guise. La narratrice de Rebecca est absolument isolée, elle est insignifiante au point où elle n’a pas de nom, même si son mari la rassure sur son nouveau rôle. Le lecteur est plongé dans l’obscurité à son sujet, qui elle est ? d’où elle vient ? elle est un tableau blanc, mais pas une coquille vide, au contraire, elle réfléchit trop, elle est dépassée, mais sans nom, comment pourrait-elle se faire entendre?  Et en épousant M. de Winter, le nom qu’on lui a soudainement attribué… était celui de quelqu’un avant elle, n’est-ce pas?  Sans nom, sans voix, seule dans cette grande maison où tout a cessé de vivre ou de changer depuis l’accident qui a emporté la première Mme de Winter.  Et le doute de soi qui vient avec le silence de son mari.  Est-il vraiment amoureux d’elle?  Pense-t-il à quelqu’un d’autre tout en étant avec elle?  Il est impossible de rester sain d’esprit dans cette maison.


« J’aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte. S’il y avait une femme à Londres que Maxime aimât, quelqu’un à qui il écrivit, rendît visite, avec qui il dîna, avec qui il couchât, j’aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n’aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu’on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et Maxim ne l’aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais. »


Dans ce roman, aucun personnage n’est fiable, nous sommes aussi perdus que la narratrice et nous avons du mal à comprendre la haine à laquelle elle est confrontée. Pourquoi Rebecca était-elle si aimée? La plupart du temps, notre cœur se brise à cause de la façon dont la narratrice est traitée par les autres personnages.

Évidemment, j’ai adoré l’intrigue de ce livre, je ne m’y attendais pas du tout. Dans les derniers chapitres, je me suis sentie, impatiente et paniquée, anticipant toutes les éventualités possibles pour cette fin plus que rocambolesque. J’ai été un peu surprise par la fin… mais pas déçue cependant. Je suppose que cela garde le sens du mystère qu’avait tout le livre et puis la réalité n’a pas toujours une fin claire non . Tout ça pour dire que cela m’a définitivement donné envie de lire d’autres livres de Daphné du Maurier.


« Rebecca » de Daphné Du Maurier – éditions le livre de poche.

« Anna Karénine » de Léon Tolstoï

classique, Littérature étrangère

L’amour peut-il être heureux ? Peut-on véritablement aimer sans avoir réellement vécu ?! Tant de questionnements que pose cette œuvre, entre pulsions, passion, renoncement et résignation, voilà ce que le maître pose sur la table. Il maîtrise son sujet sur le bout des doigts, par la force de ses personnages et par la puissance de son récit, il fait de ce livre une œuvre profondément humaine.

Qui aurait cru que j’éprouverais de la sympathie pour Anna Karénine. Elle est le genre de personnage qui dans la vie réelle ne me ferait pas grand impression et pourtant, je n’ai eu d’yeux que pour elle dans ce roman. La belle Karénine, envoûtante, attachante, rayonnante, c’est une des femmes qui m’a le plus touché en littérature.

Avec ce manifeste, Tolstoï propulse la littérature russe au premier plan. Mais « Anna Karénine » est bien plus qu’un roman d’amour et de passion : c’est aussi un portrait de la haute société russe à la fin du XIXe siècle, avec les questions fondamentales qui l’agitent, et les prémices du grand bouleversement à venir.

Dans ce roman, plusieurs histoires d’amour s’entrecroisent : celle d’Anna la mondaine et de Lévine le propriétaire terrien, on peut d’ailleurs s’interroger sur la ressemblance de caractère et des convictions de ce personnage tant on y trouve des similitudes avec l’auteur lui-même. Constantin Lévine est sans nulle doute l’alter égo de Tolstoï. Et Comme le titre l’indique on suit l’histoire d’Anna, la femme d’un haut dignitaire russe, elle est belle, forte, intelligente et passionnée, jusqu’au jour où elle rencontre la passion, ses complications et ses compromissions, c’est alors qu’Anna tombe follement amoureuse d’un bel officier, le comte Wronski. On vit alors leur relation tumultueuse, les querelles et les réconciliations des deux amants, les réactions indignées de la bonne société, qui tolère très bien les aventures à condition qu’elles soient discrètes ; cependant, cette relation va peu à peu sombrer dans une passion dévorante, un bonheur coupable, cette quête de l’amour pur, les mèneront à une fin tragique qui s’achèvera sur un quai de gare là où tout commença. C’est l’amour impossible, l’amour qui souffre, l’amour coupable et qui fait mal.


« L’amour, ce mot me déplaît parce qu’il y a pour moi un sens plus profond et beaucoup plus grave que vous ne pouvez l’imaginer. »


Dans l’entourage d’Anna et de Wronski, on fait la connaissance de Lévine, un homme assailli d’angoisses sur les questionnements philosophiques, avec ses réflexions poussées sur le sens de la vie et des contraintes sociales ainsi que la religion, l’amour et le devoir.


« L’enseignement de la raison, c’est la lutte pour l’existence, cette loi qui exige que tout obstacle à l’accomplissement de nos désirs soit écrasé; la déduction est logique, tendit qu’il n’y a rien de raisonnable à aimer son prochain. »


Sentimentalement, l’amour que porte Lévine à Kitty m’a particulièrement touché, c’est un couple pour qui j’ai ressenti un réel attendrissement. Il y a aussi Dolly, la sœur de Kitty, mariée à Stépane Arcadiévitch qui est le frère d’Anna, mari volage et insensible, qui n’a plus beaucoup d’intérêt pour son ennuyeuse épouse.

Dans cet incroyable roman, Léon Tolstoï nous raconte toutes les facettes de la relation amoureuse entre un homme et une femme, à travers toutes ces histoires, dans un genre si passionnant que l’on a l’impression de les connaître intimement et de faire partie intégrante de cette société.

Malgré l’ancienneté de ce roman « Anna Karénine » reste un formidable contemporain, profondément romantique et terriblement actuel. La lecture en est facile, rythmée par des chapitres courts, les sentiments, les tourments, les espoirs des personnages sont aussi les nôtres, et après 984 pages on cherche encore désespérément à continuer la lecture.

Lire Tolstoï, c’est lire une page de l’histoire. En fin psychologue, l’auteur a le talent de décrire avec brio une Russie de contrastes et le luxe de la vie bourgeoise. Je ne peux que vous recommandez ce livre, un must read !


« Anna Karénine » de Léon Tolstoï Éditions Pocket