« Mamma Maria » de Serena Giuliano

contemporain, Littérature française

Des jupes qui virevoltent, une chaleur humide, le murmure des vagues, le son des couverts qui s’entrechoquent, un café en terrasse, les rires d’une soirée d’été… Vous y êtes ? Bienvenue au cœur de la Dolce Vita Italienne. Bienvenue Chez Mamma Maria !


« Il faut des pâtes pour vivre. Il faut des lasagnes, de la friture,du gras, de l’eau de mer et du soleil. Sinon, la vie ne vaut même pas la peine d’être vécue. »


C’est dans cette ambiance « molto calda » que Maria la mamma italienne tient le bar du coin depuis plus de 40 ans, celle qui a la capacité d’écouter Celentano en boucle et de prendre soin de chacun de ses clients.

Sofia habitait Paris mais elle est rentrée au pays, depuis sa rupture avec Jérôme qui n’a jamais voulu découvrir ses racines napolitaines , à tous ces gens avec lesquels elle a grandit, à son petit coin de paradis qui lui permet d’écrire pendant des heures. La dolce vita, le Spritz, les bons petits plats italiens, tout respire le bonheur et la sérénité retrouvée pour Sofia. Jusqu’au jour où deux « invités surprise » pas vraiment attendus apparaissent au cœur de ce village, dans leurs vies à tous.


« Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’est le café ? Le café est une excuse. Une excuse pour dire à un ami que tu l’aimes. »


C’est un voyage en Italie. Un roman sur le don de soi, l’amitié, la perte d’un être cher et un message fort sur la situation des migrants dans un pays où plane la montée du parti nationaliste…

Un livre chaleureux et généreux, optimiste, tendre qui dans les circonstances actuelles fait beaucoup de bien au moral, j’ai même l’impression d’être en Italie, cette Italie que j’aime tant. Parce qu’à plusieurs kilomètres de son Italie à elle, se trouve mon Italie à moi. On y trouve les mêmes vieux qui jouent en terrasse à la scopa durant des heures, les mêmes mentalités qu’on ne comprend pas toujours, des personnes aux cœurs tendre, débordent de gentillesse et de générosité. 

Une lecture tout en légèreté où vous en prendrez plein les yeux et plein le cœur et que je vous recommande pour fuir la morosité ambiante ! 

« Et puis, pour le reste, c’est à vous de partir en voyage. »


« Mamma Maria » de Serena Giuliano – Éditions Cherche mide

« La belle italienne » de Lucinda Riley

contemporain, Littérature étrangère

Lucinda Riley fait monter la température en nous emmenant dans une belle et séduisante Italie où l’amour obsessionnel et les talents extraordinaires partagés par deux chanteurs d’opéra auront un effet significatif sur le destin de tous ceux qui leur sont proches.

L’histoire de Rosanna Menici commence en 1966 dans la ville animée de Naples , bruyante et surpeuplée où elle est née et où les gens partagent leur joie et leur tristesse, et rient, pleurent… et chantent.

 Depuis ses débuts pauvres, ses parents qui travaillent dur, avec l’aide du frère de Rosanna, Luca, ont érigé leur pizzeria comme l’une des plus célèbres du quartier de la ville.

Rosanna, onze ans, est la plus jeune de la famille et s’est toujours sentie éclipsée par sa sœur aînée Carlotta, une séduisante jeune femme de 16 ans qui attire les hommes, lui prétendant même une ressemblance à Sophia Loren.

Lors d’une fête de quartier, Rosanna rencontre Roberto Rossini, un garçon local qui est maintenant étudiant à La Scala de Milan, un homme d’une grande beauté physique avec une voix à la hauteur des plus grands ténors. Pour elle, c’est le coup de foudre, en particulier lorsque Roberto entend Rosanna chanter et lui dit que sa voix est aussi «un cadeau de Dieu». À ce moment-là, la petite Rosanna de seulement 11 ans écrit dans son journal que quand elle sera plus grande, elle deviendra son épouse.

Plusieurs années après cette fatidique rencontre, la vie de Rosanna change du jour au lendemain.  Avec des cours de chant payés en secret par Luca, elle remporte finalement une bourse d’études dans une école de musique à Milan et se dirige donc vers le nord avec son frère comme tuteur.

Dans les années à venir, les destins de Rosanna et Roberto seront liés pour toujours à la fois par leur complicité sur scène et par leur amour inconditionnel mais malheureusement le rêve se termine lorsque Rosanna prend conscience de la face cachée de son mari, dès lors, leur union est hantée par de puissants secrets du passé…

Lucinda Riley nous guide à travers trente ans d’historicité de style latin, un parcours classique de la lutte d’une jeune fille pour réaliser son rêve de chanteuse d’opéra.  Un cheminement magnifiquement conçu révélant les nombreux aspects de l’amour, familial, romantique et obsessionnel.  L’histoire qui commence à Naples emmène l’héroïne et le lecteur dans un merveilleux voyage non seulement dans les plus grands opéras mais aussi à travers les joies et les peines, les secrets et les surprises de la vie. 

Au rythme effréné, baignée par le soleil de l‘Italie et les lumières vives de la célébrité, dégoulinant de glamour, d’intrigue et de romance « La belle italienne » se veut l’un des romans les plus romantiques encore jamais lu jusqu’ici. 


« La belle italienne » de Lucinda Riley – éditions Charleston poche.

« Manuel de guérilla à l’usage des femmes » de Sylvie Brunel .

Autobiographie

« Le manuel de guérilla à l’usage des femmes » est une ode à la liberté féminine de plus de 40 ans. 

Un essai qui sonne le glas de la revanche, ou du moins une volonté de raconter sa vérité. Elle nous explique ces 30 dernières années de bon et loyaux services aux côté de l’homme qui fut son mari. Sylvie Brunel alterne à la fois, épisodes autobiographiques et considérations générales sur le devenir de certains couples quand monsieur s’en va refaire sa vie avec une jeunette.

Il y a deux thèmes bien distincts dans ce livre.

D’une part, une description très intéressante de la psychologie et du parcours personnel d’Eric Besson l’ex-mari de l’autrice, un homme obnubilé par son action politique et totalement infidèle. 

D’autre part, une démonstration qui vise à s’intéresser sur nos sociétés occidentales soit disant évoluées mais qui pour le coup ont encore beaucoup de chemin à parcourir en termes d’égalité hommes femmes. Simplement nous ne nous en rendons pas compte car nous avons totalement intériorisé les traitements différenciés entre les deux sexes et cela depuis toujours. l’exemple du traitement de la ménopause par l’industrie pharmaceutique et du corps médical est très frappant, certains dialogues m’ont particulièrement choqué dans ce livre, notamment le discours d’une patiente pré-ménopausée avec son gynécologue.


« Réponse du médecin: Mieux vaut un cancer que la ménopause. Un cancer au moins, ça se soigne. »


Finalement, elle met les femmes en garde contre la dictature qui s’exerce insidieusement, à travers les diverses représentations d’elles même qu’on leur propose et qui tendent à les maintenir en position de faiblesse. Cependant ne vous attendez pas à un essai philosophique ou sociologique sur l’étude du féminisme car dans ce livre Sylvie Brunel ne fait qu’exprimer ses points de vue personnels et ses ressentis.


« Manuel de guérilla à l’usage des femmes » de Sylvie Brunel – Éditions Grasset .

« Je ne t’oublie pas » de Sébastien Didier

Littérature française, Thriller

Je ne t’oublie pas…

Il y a longtemps qu’un thriller ne m’avait pas autant captivée, il m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page. Dès les premières lignes de ce roman, on est totalement immergé dans l’intrigue et il est impossible d’en décrocher « même pas pour aller manger un bout. » L’histoire est brillamment ficelée et rédigée. L’auteur développe un style très accrocheur et donne un vrai rythme au récit , notamment en alternant brillamment les flashbacks avec le présent.

« Connaît on vraiment les personnes qui nous entourent ? »  Cette même question subsistera tout au long du récit et quand Marc Vasseur, jeune et brillant chef d’entreprise spécialisé dans la gestion de protocoles , par ailleurs socialement aisé et heureux en ménage, doit faire face à la disparition brutale et inexpliquée de son épouse, c’est tout un monde de certitudes qui s’effondre.


« Contourner, biaiser, se cacher, piéger. Porter le masque. Il ne comptait plus ces moments de solitude dans lesquels il s’enfonçait dans une profondeur si abyssale des tourments de son âme qu’il pensait bien ne plus jamais pouvoir remonter à la surface. »


Un SMS de rupture douteux, une photographie à l’expéditeur mystérieux, trois mois passés à échafauder toutes sortes d’hypothèses, le doute qui s’installe insidieusement quant au passé de Sandra, et l’univers hyper cadré de Marc va basculer dans un cauchemar sans nom.

Animé par la soif de vérité, désemparé par le désarroi grandissant de sa fille Lisa , mais épaulé par son père et par un enquêteur privé aux motivations incertaines, Marc devra remonter le fil du temps, et Au fur et à mesure les pièces du puzzle commencerons par s’assembler pour reconstituer la réalité des faits, un réel plongeon aux origines inconnues qui vont mettre en danger son intégrité physique comme celle de ses proches.

Ce roman est un véritable page-turner, je ne t’oublie pas est une histoire tellement terrifiante et malsaine que l’on se dit que ce n’est pas possible. Des scènes parfois oppressantes, mais nécessaires à l’intrigue. Un livre qui laisse des traces, et auquel on repense bien après sa lecture. 600 pages qui se dévorent en deux jours, ça va tellement vite, on s’en prend plein la tête et on en redemande en enchaînant les pages. « Juste au cas où vous hésitez encore. »


« Je ne t’oublie pas » de Sébastien Didier – Éditions Hugo Poche.

« Rebecca » de Daphné du Maurier

classique, Littérature étrangère

« On dit que les humains sortent meilleurs et plus forts de la souffrance et que, pour progresser en ce monde ou en tout autre, il faut subir l’épreuve du feu. »


« Rebecca » est un roman qui vous transporte du début jusqu’à la fin, tant par l’écriture que par l’atmosphère générale du récit. Pas étonnant qu’il ait été en rupture de stock et que j’ai dû attendre 10 jours avant de le recevoir.

Ce livre c’est l’histoire d’une jeune femme (dont le nom restera un mystère tout au long du roman), son rôle premier est de tenir compagnie à une insupportable bonne femme (Mme Van Hopper) sauf que son destin va prendre un tournant exceptionnel lorsqu’elle rencontre Monsieur de Winter lors d’un voyage à Monte-Carlo. 

Après plusieurs rencontres secrètes avec la jeune femme, Maxim de Winter (mystérieux, calme, et plus âgé) s’éprend d’elle et la demande en mariage après quoi, il l’emmène dans sa célèbre propriété, Manderley, où l’ombre et la mémoire de sa défunte épouse semblent occuper tous les coins et commencent à prendre trop de place entre eux.  C’est comme s’il n’y avait pas d’espace pour la nouvelle épouse.

Ce livre est un tel chef-d’œuvre. Du début à la fin, il y a le plus fort sentiment de solitude que j’ai jamais lu, quelque chose que j’avais adoré chez Jane Eyre, quand elle était coincée à Thornfield rêvant de l’extérieur et de la liberté des hommes d’agir à leur guise. La narratrice de Rebecca est absolument isolée, elle est insignifiante au point où elle n’a pas de nom, même si son mari la rassure sur son nouveau rôle. Le lecteur est plongé dans l’obscurité à son sujet, qui elle est ? d’où elle vient ? elle est un tableau blanc, mais pas une coquille vide, au contraire, elle réfléchit trop, elle est dépassée, mais sans nom, comment pourrait-elle se faire entendre?  Et en épousant M. de Winter, le nom qu’on lui a soudainement attribué… était celui de quelqu’un avant elle, n’est-ce pas?  Sans nom, sans voix, seule dans cette grande maison où tout a cessé de vivre ou de changer depuis l’accident qui a emporté la première Mme de Winter.  Et le doute de soi qui vient avec le silence de son mari.  Est-il vraiment amoureux d’elle?  Pense-t-il à quelqu’un d’autre tout en étant avec elle?  Il est impossible de rester sain d’esprit dans cette maison.


« J’aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte. S’il y avait une femme à Londres que Maxime aimât, quelqu’un à qui il écrivit, rendît visite, avec qui il dîna, avec qui il couchât, j’aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n’aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu’on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et Maxim ne l’aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais. »


Dans ce roman, aucun personnage n’est fiable, nous sommes aussi perdus que la narratrice et nous avons du mal à comprendre la haine à laquelle elle est confrontée. Pourquoi Rebecca était-elle si aimée? La plupart du temps, notre cœur se brise à cause de la façon dont la narratrice est traitée par les autres personnages.

Évidemment, j’ai adoré l’intrigue de ce livre, je ne m’y attendais pas du tout. Dans les derniers chapitres, je me suis sentie, impatiente et paniquée, anticipant toutes les éventualités possibles pour cette fin plus que rocambolesque. J’ai été un peu surprise par la fin… mais pas déçue cependant. Je suppose que cela garde le sens du mystère qu’avait tout le livre et puis la réalité n’a pas toujours une fin claire non . Tout ça pour dire que cela m’a définitivement donné envie de lire d’autres livres de Daphné du Maurier.


« Rebecca » de Daphné Du Maurier – éditions le livre de poche.

« Sorcières : La puissance invaincue des femmes de Mona Chollet

Sciences humaines, Sociologie

À mes sœurs, chères sorcières, 

C’est un livre que toutes les femmes devraient lire pour se rappeler quelles ont la liberté de choisir leur vie. De s’affranchir de toutes les conditions sociales et d’assumer leur choix sans avoir besoin de les justifier. En tant que féministe, ce livre n’a fait que confirmer mes idéologies et ma vision du monde. Je savais pertinemment que j’étais dans le vrai mais parfois la société a le pouvoir de remettre toutes vos certitudes en questions, au point même de me demander si en tant que femme, « je suis à la hauteur ». Avoir un peu d’ambition et aspirer à quelque chose de différent, vous me direz c’est quelque chose de normal et pourtant, nous vivons dans une société où la femme n’a pas beaucoup de place. Cependant, aujourd’hui le mouvement #Metoo a bousculé les codes sociaux, il remet l’égalité des femmes sur la table et il est temps pour nous mes sœurs de nous réapproprier notre espace et faire entendre nos voix.

Dans cet essai, Mona chollet fait le lien entre les sorcières d’antan et les femmes actuelles, elle démontre à quel point s’affranchir des constructions sociales est une tache ardue. Celles qui s’opposent aux schémas habituelles de la femme-mère est jugée, condamnée à l’humiliation, l’exil ou pire encore la mort ! Finalement qu’est-ce qui différencie les femmes libres d’aujourd’hui aux sorcières de l’histoire? Absolument rien, de nos jours, l’état n’organise plus d’exécutions publiques de prétendues sorcières, mais la peine de mort pour les femmes qui veulent être libre s’est en quelque sorte privatisée.

La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations; Elle est un idéal vers lequel tendre, Elle montre la voie. Elle est celle qui terrifie le patriarcat, celle qui ne se marie pas, qui n’a pas d’enfants et qui est socialement indépendante. En bref c’est d’être l’égale de l’homme. Pendant longtemps les sorcières étaient représentées comme de vieilles femmes laides, sales… De par leur isolement et leur indépendance ont leur reprochés d’user de (pouvoirs maléfiques qui seraient responsables de tous les maux de la société). Tous les prétextes étaient bons pour justifier les pires ignominies (lynchages, viols, tortures, condamnations à mort) ces années de terreur et de propagande témoignent clairement d’une aliénation psychologique profonde des hommes envers les femmes.


« Des siècles de haine et d’obscurantisme semblent avoir culminé dans ce déchaînement de violence, né d’une peur devant la place grandissante que les femmes occupaient alors dans l’espace social. »


On se rend bien compte que peu de chose ont changé. Entre la société mainstream d’aujourd’hui et celle des chasses aux sorcières, il n’y a qu’un pas. Parmi les accusées de sorcellerie, on révèle une sur présentation des célibataires et des veuves, c’est-à-dire de toutes celles qui n’étaient pas subordonnées à un homme ce qui a permis de préparer la division sexuée du travail requise par le capitalisme, en réservant le travail rémunéré aux hommes et en assignant les femmes à la mise au monde et à l’éducation de leur future main-d’œuvre. D’ailleurs cette assignation dure jusqu’à aujourd’hui: Les femmes sont libres d’avoir des enfants ou pas… à condition de choisir d’en avoir. Celles qui n’en souhaitent pas sont parfois assimilées à des créatures sans cœur, obscurément mauvaises, malveillantes à l’égard de ceux des autres.

Finalement on nous dit que « la liberté de choix dont nous sommes censées disposer est ainsi largement illusoire ». Cette légitimité fragile, nous poussera à nous demander, dès que quelque chose ira de travers dans notre vie si la cause de notre infortune ne tient pas à notre absence de descendance. Le fameux « tu le regretteras un jour » ou « tu es égoïste » comme si on faisait un enfant par altruisme,c’est du délire, je n’ai jamais compris ce genre de raisonnement.

De plus, Mona Chollet révèle une bien triste vérité, celle du dégoût qu’on a pour la femme vieillissante. On dit souvent que le vieillissement et la mort sont tabous dans notre société; sauf que c’est seulement le vieillissement des femmes qui est cachés. De plus les hommes ne vieillissent pas mieux que les femmes, ils ont seulement l’autorisation de vieillir, d’autant plus, on observe que la différence d’âge est en faveur des hommes dans les couples, cette conception est profondément inscrite dans les mœurs ce qui pousse les femmes à paraître éternellement jeune (teintures capillaires, chirurgie esthétique…) Finalement, les femmes sont condamnées à vivre dans les faux-semblants et la honte d’elles-mêmes .


« De même, une amie me suggérait il y a peu que, si elle ne supportait pas l’idée de voir sa mère avec les cheveux blancs, c’était peut-être parce que cela l’amenait à penser à la mort. Mais qui pense à la mort en voyant Richard Gere ou Harrison Ford ?».


On remarque également que dans cette société, les capacités intellectuelles sont paralysées. On assigne aux femmes et aux hommes des domaines de compétences très différents, (le savoir pour les hommes et les taches subalternes pour les femmes) là encore le sexisme se manifeste sur tous les bouts de l’échelle sociale. Il faut savoir que la médecine était détenue par les femmes qui par la suite a été réquisitionné de force par les hommes. Cependant ces dernières années, en France, les blogs et les réseaux sociaux ont fait marcher la question de la maltraitance médicale notamment dans le milieu gynécologique. On commence tout doucement à mesurer à quel point les préjugés sur les femmes nuisent à leur prise en charge médicale. Et malheureusement j’en sais quelque chose, ayant une endométriose, il m’a fallu des années pour être prise au sérieux par le corps médical, une double peine qui démontre encore une fois la domination des hommes sur les femmes.

À lire absolument, de même que les femmes, les hommes sont également invités à lire ce livre pour comprendre les difficultés que nous pouvons rencontrer dans la société, d’évaluer la place qu’ils prennent et celle qu’ils laissent aux femmes.


« Sorcières: La puissance invaincue des femmes – Editions Zones

« Hier, aujourd’hui et demain » de Sophia Loren

Autobiographie

« Le succès à son poids, qu’il faut s’habituer à porter. Et personne ne vous l’apprend : comme toujours, la réponse est en nous. »


Sophia Loren incarne bien plus que le « rêve américain », elle est pour nous, celle qui a propulsé le cinéma italien au devant de la scène internationale . Comment oublier 1962, la consécration, l’Oscar de la meilleure actrice pour le rôle de Cesira dans Ciociara.

Le titre de son livre est un hommage au film de Vittorio De Sica, dans lequel Sophia Loren a joué aux côtés de Marcello Mastroianni, et le sous-titre « Ma vie » fait clairement allusion à la volonté de l’actrice de se dire sans filtres. 

Ce livre est un cadeau incontournable pour sa famille mais également pour tous les admirateurs de l’actrice, qui ont toujours suivi sa carrière avec ferveur et passion, qui a commencé à Rome, où Loren est née sous le véritable nom de Sofia Scicolone. En fait, la mère de Sofi’ a accouché dans une clinique pour mères célibataires de la capitale et quelques jours plus tard, elle est revenue avec sa fille à Pozzuoli, dans le très aimé Naples.  Et c’est précisément dans les rues déchirées par la guerre, dans les ruelles et les quartiers dégradés, démolis par la faim et le désespoir que la jeune Sophia commence à faire ses premiers pas, aidée par une mère qui a son propre rêve: le cinéma. Son histoire sincère et profonde nous fait connaître non seulement le Naples de l’époque, mais aussi la Cinecittà;  puis les grands acteurs avec lesquels Sophia Loren a joué – Cary Grant, qui est tombé amoureux d’elle, Marlon Brando, John Wayne et bien d’autres …


« En vérité, mon enfance remontait sans cesse à la surface pour m’émouvoir. Même après avoir trouvé ma voie, je ne parvenais pas à oublier ce que j’avais été lorsque, prise entre la faim et la guerre, sans père pour me guider.»


Une autobiographie qui raconte non seulement des épisodes et des succès de la carrière de l’actrice, mais aussi des moments les plus intimes, ceux appartenant au cercle familiale, où elle a joué le rôle de mère et de grand-mère, elle qui a pu grandir et s’accomplir en tant que femme sans la présence d’un père. Loren est une icône du cinéma et de la vie elle-même;  une femme qui à partir de zéro et avec le seul soutien de sa mère, avec qui elle avait une relation fusionnel, est devenue une des plus grandes actrices du monde.  Ses amours, ses aventures, ses déceptions et surtout la volonté de ne jamais abandonner sont les points cruciaux de ce livre, qui implique le lecteur et nous ramène dans le temps, vers un passé où beaucoup d’entre nous n’étaient même pas nés. Pourtant, il est inévitable de ressentir cet étrange sentiment de nostalgie, en aspirant à quelque chose que vous n’avez pas et que vous n’avez jamais eu.


« Sans la vie, le conte de fées perd toute sa magie, et vice versa. Le plus beau, c’est de marcher à mi-chemin entre les deux, sans jamais renoncer ni à l’un ni à l’autre. »


Sophia Loren est une diva du passé, mais sa grandeur, son intensité et sa beauté frappent et attirent encore aujourd’hui, car elle-même est un symbole, un signe dont le véritable art peut s’imposer dans le cœur des gens sans jamais le quitter.  Hier, aujourd’hui, demain est l’histoire d’une femme qui a marqué notre histoire, qui nous emmène sans crainte avec un voile de timidité sur son visage dans son petit et grand monde, fait d’art, de cinéma, de famille et d’amour.  Le regard de Loren, comme tout ce qu’elle nous a laissé, est éternel. 


« Et comme l’a dit George Cukor, aucune beauté ne peut rivaliser avec la conscience et l’acceptation de ce qu’on est vraiment. »


« Hier, aujourd’hui et demain » de Sophia Loren – Editions Flammarion – Traduction Renaud Temperini

« Réveillez-vous, femmes divines » de Véronique De La Cachotière

développement personnel, Sciences humaines

Quatrième page de couverture : Vous qui êtes unique en cette terre, orchidée d’une beauté sans pareille, il est temps que vous vous réveilliez à votre divinité. Au fond de vous, vous le savez bien, personne ne vous ressemble vraiment, personne n’a votre histoire, et pourtant vous n’avez pas pleinement conscience de votre unicité, de ce qui fait de vous une femme exceptionnelle qui a, comme toute autre femme, sa place dans le monde.Véronique de La Cochetière, nourrie de sa longue expérience de sage-femme et de praticienne en ostéopathie intrapelvienne, va vous ouvrir les portes de votre temple sacré : votre corps. Ignoré si facilement, trop souvent gouverné par votre tête, carcan psychologique du fruit de votre histoire, de votre éducation, des règles transmises par la société, ce corps qui ne peut accueillir que le plus beau va révéler votre féminitude, cet art d’être femme aujourd’hui.


J’avais pas mal d’attente sur cet ouvrage notamment à la vue de la première et quatrième page de couverture. Cependant à la lecture du premier chapitre, j’ai compris que je ne faisais pas partie du public visé, étant moi-même ouverte à la méditation et à la pratique du yoga, je ne me suis pas retrouver dans le récit qui je pense, s’adresse aux mamans.

Concrètement, on peut trouver dans ce livre une approche intéressante sur la maternité, particulièrement pour les femmes désireuses d’avoir un enfant ou enceintes, ou enfin souhaitant réaliser une rééducation périnéale après la naissance de leur enfant. Cependant ce bouquin comporte beaucoup de témoignages de patientes qui fait le lien entre difficultés, féminité et psychologie

Les expériences vécues par les patientes apportent du crédit à la pratique, une méthode mise en place sous forme d’ateliers qui aide les femmes à renouer avec leur corps et leur esprit mais je ne suis pas certaine que les traumatismes profonds que peuvent vivre celles-ci passent par le programme « ma Yoni ». Je trouve par ailleurs, que certains sujets qui auraient pu être intéressant sont abordés en superficialité, notamment les sujets sur les violences faites aux femmes. J’aurais aimé qu’elle approfondisse ce thème (les causalités, les conséquences et la réhabilitation), un livre qui pour ma part manque un peu d’engagement féministe.

J’ajouterai que contrairement à certains avis, je n’ai pas été gêné par le fait que l’auteur évoque à plusieurs reprises ses expériences personnelles, étant elle-même une femme, ayant au fil des années et tout au long de sa carrière de médecin vécu des situations qui interroge sur les conditions des femmes à travers le monde, de par leur culture et leur histoire personnelle. Toutes ces conjonctures qui prête à réflexion et qui donne un droit légitime à Véronique de la Cachotière de raconter sa propre histoire de vie.

« Réveillez-vous, femmes divines de Véronique De La Cachotière – Editions TANA

« Le joueur » de Dostoïevski

classique, Littérature étrangère

« L’âme russe, excessive, tourmentée, idéaliste, qui l’incarne mieux que Dostoïevski, cette œuvre fut un parie contre le temps, lui qui joua toute sa vie sur un tapis vert et rouge . »


Dostoïevski, joueur lui-même nous livre à travers son alter ego Alexei, un excellent récit sur l’addiction : il aborde avec clairvoyance et cruauté l’univers du jeu au XIX siècles. « Le joueur » est un court roman qui mêle le goût du risque et l’amour à en perdre la raison.

L’histoire se passe à Roulettenbourg ville imaginaire d’Allemagne. Dans cette ville thermale nous suivons un jeune précepteur russe Alexei travaillant pour le compte d’un général et de sa famille composée de deux enfants et de sa belle fille Paulina.

Autour de cette famille gravite : mademoiselle Blanche une femme vénale, qui n’a qu’une seule idée en tête : le mariage avec le général, le timide Astley, jeune et riche anglais amoureux de Paulina in fine ami d’Alexei et sans oublier le soi-disant aristocrate français « Des Grieux » qui s’avérera être un redoutable usurier.

Alexei est éperdument amoureux de Paulina. Une relation ambiguë oscillant entre amour et haine ; Mais celle-ci ne cesse de le manipuler et de le mépriser, de plus elle semble par ailleurs éprise du jeune marquis français n’ayant pas de bonne intention à l’égard de la jeune femme.

Le récit devient réellement intéressant avec l’arrivée de la grand-mère de Paulina, bien loin de la mort qu’on lui pressentait, elle ira jouer tout son argent et perdra tous ses gains par la suite. Un revers de situation bien ironique qui mettra en doute toutes les perspectives de cette famille.

Dans cette tension diabolique, Alexei sera lui aussi entraîné par l’emprise des jeux d’argent, d’abord pour les autres et après pour lui-même, il cultivera cette fascination du hasard qui finira par faire vaciller son avenir.

« Le joueur » c’est finalement la confession d’un homme tiraillé entre deux folies : l’argent et l’amour, un roman autobiographique qui nous entraîne dans la frénésie du jeu.

Encore une fois, Dostoïevski nous surprend par la force de son écriture, il hypnotise.

En dépit de la radicalité de ses idées, Dostoïevski est tout sauf un auteur dogmatique. À l’image de Raskolnikov dans « Crime et Châtiment », sa vie a été marquée par des étapes spirituelles contradictoires et déchirantes.

Un livre à lire absolument pour tous ceux qui veulent débuter avec Dostoïevski.

Dostoïevski « le joueur » Éditions : Le Livre de Poche Traduction: C.Andronikof et A de Couriss

« Pas ici, pas maintenant » Erri De Luca .

contemporain, Littérature étrangère

« Tu me regardes avec cette irritation sévère où demeure ton éternel reproche envers nous autres enfants : pas ici, pas maintenant . »


Qui n’a jamais ouvert son album photo pour se replonger dans les souvenirs du passé? D’une photographie, l’esprit humain a l’opportunité de creuser au plus profond de sa mémoire, de ses souvenirs et de sa vie, c’est ce qu’a entrepris Erri De Luca ou l’enfant qui n’a jamais admis le passé comme une sorte de confrontation de l’homme d’aujourd’hui à l’enfant qu’il était.

« Pas ici pas maintenant » est un court roman, le tout premier qu’il qualifie de lettre ouverte à sa mère, il nous offre un entretien intime avec sa mémoire et ses émotions les plus cachés, il revit les jeux, les devoirs et les discussions en famille dans sa maison de la vieille Naples. C’est comme s’il nous fait participer à un monde à lui contenu dans l’écrin du temps et qui laisse sortir son joyau détaché de son enveloppe grâce à une vieille photo .

Toutefois De Luca ne s’attarde pas seulement à décrire une succession de faits, il attire plutôt notre attention sur des petites anecdotes qui sont riche en charge émotionnelle.

Il retrace son enfance d’une époque révolue mais jamais oublié. Il nous évoque avec pudeur les souvenirs d’une famille dans « l’ancienne maison », le lien qu’il a avec sa mère et l’impossibilité pour elle de le comprendre.


«  Les mots sortaient difficilement de la bouche, les mots absents pèsent encore au présent «par les mots » : contre eux on ne pouvait pleurer, on ne pouvait répondre et moi, quand tu intervenais, je ne parvenais pas à en prononcer un seul, entre l’apnée et le bégaiement, on apprend bien tard à se défendre des mots. »


Et loin d’en finir avec les sinistres souvenirs comme le décès brutal de son jeune meilleur ami, ses années de mariage interrompues par la maladie ou encore les enfants qu’il n’a jamais eu.

Autant de mélancolie dans ce texte qu’on en vient à être à la fois gênés et émus par les épisodes marquants que vit le narrateur.

Que dire, ce livre est une fabuleuse capacité de lier le passé au présent, c’est une prose qui se lit en poésie mais encore faut-il être un inconditionnel de De Luca pour en saisir toute la portée.

« Pas ici, pas maintenant » d’Erri De Luca . Collection Folio, éditions Gallimard . Traduit de l’italien par Danièle Valin