« Le gai savoir » de Friedrich Nietzsche

philosophie, Sciences humaines

Comment évaluer Nietzsche ? Son écriture est si riche, si surabondante, si débordante, qu’évaluer ses œuvres, c’est comme essayer d’abreuver une cascade. Il est décrit comme un libre penseur, un essayiste, un poète, un sage, un névrosé, un fou furieux, un visionnaire…

Le titre importe peu, je suppose; Bien que sans repère de comparaison, je reste dans l’ignorance pour mesurer Nietzsche aux autres philosophes. Finalement, j’ai décidé de peser très modestement Nietzsche contre lui-même. 

Cet essai est facilement l’une des œuvres les plus fortes de Nietzsche. Publié pour la première fois en 1882 après sa rupture avec Wagner et sa renonciation à Schopenhauer, alors qu’il développait encore ses idées les plus caractéristiques. En effet, dans ce livre, on trouve la première proclamation de Nietzsche que «Dieu est mort», ainsi que la première mention de l’Éternel retour. Beaucoup de critiques de Nietzsche sur la science, l’humanisme, le libéralisme et surtout la morale se retrouvent sous une forme naissante dans ces pages.

Il rend tout d’abord hommage à la culture occitane qui rayonnait sur tout le sud de l’Europe à l’époque du Moyen Âge, au XIIe siècle, ainsi qu’aux troubadours, des penseurs libres.

En écrivant ce livre pendant deux ans, l’auteur lutte contre une maladie grave et va tenter de dégager des vérités claires sans chercher d’absolu, par des aphorismes.

Le Gai Savoir représente une manière positive de voir la vie et la réflexion ; le but du philosophe selon lui est tout d’abord de s’interroger sur la vérité, qui est le but de toute philosophie, ensuite de placer la vie et surtout celle de l’Homme (l’espèce et non l’individu) comme première de toutes les valeurs, et enfin de rapprocher l’art et les sciences.

Le projet central de Nietzsche, en quelques mots, consistait à remettre en question les valeurs et les hypothèses fondamentales de l’histoire occidentale et donc de la morale dominante. Pour lui, la démocratie est le triomphe de la plus grossière des morales utilitaires, elle sacrifie les grands intérêts aux commodités de la vie. Nietzsche en s’intéressant à la morale et le rôle qu’elle prend dans la société, évoque également la morale de l’esclave, ou la « morale du troupeau » qui enseigne que la société ne doit servir qu’à procurer le plus de bonheur possible aux faibles,aux petits, aux infirmes, aux médiocres et aux imbéciles. Cette morale constituerait une entrave à la volonté de puissance et donc à la possibilité d’être un surhomme. Cet homme nouveau qui combat pour la connaissance et l’amour des idées:

« Cette époque doit ouvrir la voie à une époque plus haute encore et rassembler la force dont celle-ci aura besoin un jour – lorsqu’elle introduira l’héroïsme dans la connaissance et fera la guerre pour la pensée et pour ses conséquences. Voilà pourquoi il faut que dès maintenant des hommes vaillants préparent le terrain… » (283)

Nietzsche aborde cela d’un point de vue anthropologique, il faut être dans la logique de comprendre l’homme à partir de ses racines, de ses instincts élémentaires:

« L’homme le plus nuisible est peut-être encore le plus utile au point de vue de la conservation de l’espèce ; car il entretient chez lui, ou par son influence sur les autres, des instincts sans lesquels l’humanité serait amollie ou corrompue depuis longtemps. » (p.93)

Nietzsche donne également des clefs de compréhensions sur le terme « dieu est mort » . La mort de Dieu représente pour les considérations morales établies (dévalorisation des valeurs supérieures).

C’est pourquoi dans l’aphorisme 125, l’insensé s’adresse non pas à des croyants mais plutôt à des athées. Le but est de contrecarrer le nihilisme, c’est à dire la perte de sens et des valeurs en l’absence d’un ordre divin.

Nietzsche pensait que la majorité des hommes refusent simplement d’admettre cette « mort de Dieu », et ce à cause de l’angoisse qui en découle.

De plus, je ne sais pas ce que les femmes ont fait à Nietzsche pour qu’il soit aussi acerbe envers elles, mais je suis certaine qu’il mêle un peu d’amour à la haine qu’il leur a vouée . Comme disait Shakespeare « I love and hate her » :

« Le charme et l’effet le plus puissant de la femme, c’est, pour parler le langage des philosophes, leur action à distance : mais pour cela il faut d’abord et avant tout — de la distance ! » (60)

Et puis, il y a le concept de l’éternel retour qui est un des concepts les plus connus de la philosophie nietzschéenne , Nietzsche soutient l’idée que pour éviter de sombrer dans le néant et donc le nihilisme, Il faut vivre de telle sorte que l’on puisse souhaiter que chaque instant se reproduise éternellement.  Et c’est donc pour lui une façon d’atteindre « l’amor fati » Ou l’amour du destin dans le bonheur comme dans le malheur. La condition pour développer la volonté de puissance et l’amour de la vie. Car selon Nietzsche, nous devons être capable de voir la beauté que nous offre le hasard et de lui donner un sens: 

« Amor fati : que cela soit dorénavant mon amour. Je ne veux pas entrer en guerre contre la laideur. Je ne veux pas accuser, je ne veux même pas accuser les accusateurs. Détourner mon regard, que ce soit là ma seule négation ! Je veux n’être qu’un jour qu’affirmateur ! » (276)

L’œuvre de Nietzsche n’est certes pas facile à lire mais, comme toujours, il offre de grandes perspectives sur la condition humaine et la quête de la vérité. Il explore un large éventail de questions telles que la moralité, la science, la religion, le sens, l’égoïsme, l’altruisme et la souffrance. Il le fait d’une manière incroyablement complexe où il vous met au défi en tant que lecteur d’essayer de comprendre ce qu’il dit. Selon ses propres mots: 

« On ne tient pas seulement à être compris quand on écrit, mais tout aussi certainement à ne pas l’être. Ce n’est nullement une objection suffisante contre un livre, si une quelconque personne le juge incompréhensible : peut-être cela même rentrait-il dans les intentions de l’auteur, – il ne voulait pas être compris par n’importe qui ». (381)

Si vous essayez de lire ceci et que vous êtes découragés par sa complexité, je vous encourage à continuer car cela en vaut vraiment la peine. L’une des clés de la lecture de la philosophie consiste à abandonner l’idée que vous allez tout comprendre, même la plupart de ce que vous lisez. C’est pourquoi ces textes peuvent être étudiés pendant des siècles. Personne ne les comprend pleinement, probablement pas Nietzsche lui-même.

Nietzsche m’a appris à savoir me contredire en permanence car remettre en question nos croyances c’est éprouvé une bonne conscience. N’oublions pas que seuls les esprits simplistes rejettent la contradiction. Il m’a aussi appris à placer l’art au-dessus de la science, la connaissance au-dessus de « la vérité » et comme toujours l’affirmation de la vie contre la bêtise. De vivre comme un artiste qui sublime son sujet. Comme ce dernier chacun doit être capable de sublimer et de rendre beau chaque détail de la vie quotidienne. Mais surtout, le maître m’a appris qu’il était possible de penser avec lui et contre lui. Merci M. Nietzsche.


« Le gai savoir » de Friedrich Nietzsche – Éditions Le livre de Poche

« L’amant » de Marguerite Duras

contemporain, Littérature française

Basé sur son enfance à Saïgon et des environs dans les années 1930, L’amant de Marguerite Duras est un roman autobiographique qui rejette la prose conventionnelle et le récit linéaire. Ses analogies et ses thèmes sont cohérents et poignants. En fait, le roman entier se lit comme un long poème en prose. Le texte est rêveur et parfois déroutant. La narratrice saute du point de vue de la première à la troisième personne tout du long, car la protagoniste fait face à divers degrés de traumatisme. Mais tous ces aspects sont aussi ce qui rend le roman si convaincant. C’est un récit langoureux, presque méditatif à la fois érotique, inquiétant, beau, choquant et révélateur.

« L’une des choses que fait l’écriture, c’est d’effacer les choses» 

Je rappelle que son roman a remporté le prix Goncourt en France en 1984, L’amant est donc le portrait d’une narratrice qui visite une succession de ses jeunes moi. Les souvenirs sont ses coups de pinceau et la nostalgie de la couleur dans laquelle elle peint son histoire pictural. Les souvenirs obsessionnels de ses jours d’élève du secondaire à Saigon sont au centre du roman; l’amant chinois, dont le père l’empêche d’épouser la narratrice, une histoire d’amour condamnée par l’histoire avant même qu’elle ne commence.

La mère de la narratrice, dont le favoritisme pour son fils aîné et l’alternance des encouragements sapent la famille; le frère aîné, qui terrorise son jeune frère. Sans oublier la sœur cadette qui ne terminera jamais les cours que sa mère lui organise; et le frère cadet, dont la mort pousse le narratrice à tenter de se suicider.

Dans ce livre, Duras utilise le temps comme moyen de soulager les moments dramatiques et de libérer un peu la tension constante dans l’histoire de sa jeunesse. Duras ne se plaint jamais de sa situation, elle veut simplement dire: « C’est arrivé. Cela m’a endommagée. J’ai continué à vivre de toute façon. » Et pourtant, il est impossible de ne pas comprendre sa solitude, son ressentiment, ses sentiments d’abandon et son besoin de se sentir aimer et valoriser. 


 » Toute communauté, qu’elle soit familiale ou autre, nous est haïssable, dégradante. Nous sommes ensemble dans une honte de principe d’avoir à vivre la vie. C’est là que nous sommes au plus profond de notre histoire commune, celle d’être tous les trois des enfants de cette personne de bonne foi, notre mère, que la société a assassinée. Nous sommes du côté de cette société qui a réduit ma mère au désespoir. A cause de ce qu’on a fait à notre mère si aimable, si confiante, nous haïssons la vie, nous nous haïssons. » (P.69)


Un livre autobiographique si piquant, magnifiquement écrit avec une réflexion complexe sur les relations mères-filles, la responsabilité des adultes, la maladie mentale et sur le sentiment profond d’abandon. Sur ce qui est gaspillé dans la vie (ou sur les vies gâchées), sur l’absence d’amour, sur le besoin de trouver cet amour dans n’importe quoi, dans n’importe qui. 

Bien au-delà d’un roman érotique! – l’érotisme n’est ici qu’un fragment de la vie de cette jeune fille, tout aussi réel que sa honte, sa tristesse, sa solitude, et sa force. 

Un livre à lire absolument!


« L’amant » de Marguerite Duras – Les Éditions de minuit.

« Le général du roi » de Daphné Du Maurier.

classique, Littérature étrangère

Chaque fois que je lis un livre de Daphné Du Maurier, j’ai l’envie frénétique d’acheter tous les ses livres actuellement disponible en librairie. J’avais d’ailleurs lu quelque part un commentaire sur l’autrice, quelqu’un disait que « quand il se mettait à lire un roman de Daphné du Maurier, Il ne pouvait s’arrêter de lire jusqu’à qu’il ne tombe de sommeil ». Je partage également ce sentiment.

Ses livres se divisent généralement en deux catégories: le suspense (comme « Rebecca » ou en fiction historique comme « le général du roi » ou quelque chose entre les deux. Dans les œuvres de du Maurier, il y a aussi un côté assez vintage que j’affectionne où le sentiment d’incertitude se ressent dans tous ses romans.


Honor Harris, 18 ans, a hâte de passer le reste de sa vie avec l’homme qu’elle aime, mais lorsqu’une tragédie survient à la veille de son mariage, le mariage n’a alors jamais lieu. Quinze ans plus tard, alors que l’Angleterre est divisée par une guerre civile qui oppose les royalistes et les parlementaires, Honor est envoyée à Menabilly où elle rencontre son amour perdu, Richard Grenvile.

Malgré ses efforts pour rester à l’écart de Richard, Honor se retrouve une fois de plus attirée par lui, mais la guerre complique les choses car la position de Richard en tant que général du roi lui a fait de nombreux ennemis. Pleinement consciente de sa position d’infirme, Honor choisit de l’aimer de toute façon et leur relation menace de devenir scandaleuse.

La relation entre Honor et Richard n’est pas ce à quoi vous pourriez vous attendre. C’est tendre et passionné, mais à aucun moment du roman ils ne consomment leur amour ni le vivent au grand jour. Au lieu de cela, tout est plus ou moins enfoui, et aucun d’eux ne veut évoquer les souvenirs douloureux du passé.


Les sequences historiques du roman sont très bien documentées, bien qu’il y ait eu des moment où je trouvais que l’intrigue tournait trop souvent autour des conflits entre royalistes et rebelles. Cela dit, a aucun moment l’autrice prend un parti pris vis-à-vis de l’un des deux camps.

D’ailleurs, j’ai vite compris que beaucoup des personnages cités dans ce livre sont inspirés de faits réels et pour le coup, j’ai eu une véritable leçon d’histoire, et dans ce cas précis, une leçon sur la guerre civile anglaise qui a sévi au XVIIe siècle.

Avec « le général du roi » nous sommes donc plongés dans la guerre civile anglaise qui met en lumière la guerre, la perte, l’amour, les désillusions et les scènes d’un point de vue cornique(origine de cornouilles).

Bien différente des autres que j’ai lues, cette perspective apporte une vision claire du décor et des horreurs de la guerre, ainsi que du chagrin et de la terreur des citoyens. 

On ne peut imaginer à quel point les temps étaient difficile à cette époque. À chaque instant, je me suis imaginée être une héroïne de cette histoire vivant avec eux les nombreux obstacles, les décisions difficiles, les émotions difficiles. Lorsque vous ajoutez à cela les combats politiques, les guerres, votre vie devient presque insupportable, quand bien même ils doivent vivre, doivent se battre, ils le font avec brio . Mes respects.

Un style impeccable, fluide et sophistiqué ! Encore un sans fautes pour daphné Du Maurier.


Merci aux éditions « Le livre de poche » pour cet envoi . De Daphné Du Maurier.

« En tenue d’Ève » de Delphine Horvilleur

essai féministe, Non classé, Sciences humaines

Dans « En tenue d’Éve », Delphine Horvilleur, femme rabbin.e développe une analyse intéressante sur le féminin dans la religion et plus précisément dans le judaïsme. Des sujets comme la pudeur, la nudité et l’obsession du corps y sont décortiqués.

Il est très rare de voir ce genre d’analyse venant d’un.e rabbin.e, ce qui rend cet essai plus captivant et légitime. Elle ose remettre en cause les textes sacrés en insistant sur le fait que le modèle de « la femme d’intérieur ou domestique » n’est pas celui qui habite les pages de la Bible. De nombreuses héroïnes bibliques s’illustrent au contraire par leur capacité à jouer un rôle public et politique. Plusieurs sont décrites comme des prophétesses dont la parole, les actes et les chants guident le peuple.

Malheureusement la littérature juive et chrétienne éditées aux premiers siècles de notre ère changent radicalement de ton à l’égard des femmes, la femme est soudain décrite autrement: comme la fauteuse de trouble, la responsable de la transgression originel.

Elle souligne le fait que pendant longtemps les textes des trois religions monothéistes n’ont été lus, édités et commentés que par des hommes, on peut imaginer ou se demander si leurs métaphores et leur langage auraient été différents si l’activité de lecture avait été mixte.


« La sacralisation du féminin est toujours un prélude élégant à sa marginalisation sociale. »


Il ne faut d’ailleurs pas oublier que dans la littérature rabbinique la première femme n’est pas Ève comme le prétend la bible, la première femme n’est autre que Lilith et pour des raisons obscures la Bible l’a répudiée. Son divorce avec Adam et sa sortie de la genèse fait d’elle une féministe revendicatrice avant l’heure.

Delphine Horvilleur évoque également sont point de vue sur le voile, pour elle, la volonté de voiler les femmes dans de nombreuses cultures sans leur consentement naît précisément de l’érotisation de leur visage et de leur tête. Il constitue surtout un marqueur social qui informe autrui de la non disponibilité de la femme couverte. Il viendrait ainsi réglementer la tentation des autres hommes. Un discours bien loin des dogmes religieux fondamentalistes. Dans sa logique, «la genèse de la pudeur véritable est une culture de la rencontre et non de l’effacement. »


« En cela, voiler l’autre pour étouffer le désir plutôt que de le susciter, et non seulement insensé mais coupable. »


La question du genre est également abordée et il est aujourd’hui essentiel d’encourager une réflexion sérieuse sur le genre au sein des traditions religieuses. Telle est la volonté de D. Horvilleur.

Dans ce livre, l’autrice porte un message courageux et non dogmatique, elle souligne le fait que les textes sacrés doivent être lus avec prudence et interpelle sur les dangers des interprétations littérales car un verset ne signifie jamais simplement ce qu’il semble signifier, et jamais il ne se réduit à son sens explicite. Pour D. Horvilleur, « il conviendrait de recouvrir les versets du voile d’une exégèse humaine capable d’évolution et de renouvellement. »

Elle nous démontre qu’il est tout à fait possible d’être féministe et religieuse car nous pouvons épouser une croyance tout en réfutant les dogmes. De continuer à véhiculer une idéologie qui constitue la voix de sortie d’une pensée religieuse monolithique. Les voix de subversion sont peut-être les meilleurs remparts contre la perversion d’un discours fondamentaliste impudent et impudique dont nous sommes encore si souvent témoins ou victimes.


« En tenue d’Ève » de Delphine Horvilleur – Éditions Grasset.

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« Dracula » de Bram Stoker

classique, Littérature étrangère

Dracula est, bien sûr, l’une des histoires d’horreur les plus connues et le roman de vampire le plus adulé. Bram Stoker a établi les règles de base de ce que devrait être un vampire et a ensuite influencé de nombreux écrivains dans le genre. En effet, si les méchants tyranniques sont une nécessité à ce courant littéraire, le comte Dracula est le père de tous les méchants gothiques, bien qu’il soit l’un des derniers romans de fiction gothique.

Le roman est composé d’une multitude de revues, de lettres et d’articles. Car c’est ainsi que Bram Stoker a choisi de façonner son célèbre roman (sous forme épistolaire) ce qui permet de donner des informations sur les aspects historiques, politiques et littéraires. Un choix astucieux puisque les différents points de vue à travers chaque journal servent à créer un suspense qui convient parfaitement au ton gothique du roman. 

Ce livre raconte l’histoire du comte Dracula et sa tentative de déménager de son château en Transylvanie à un manoir en Angleterre d’où il prévoit de répandre la malédiction des « non-mort ». Les personnages principaux incluent l’avocat britannique de Dracula, Jonathan Harker qui se rend en Transylvanie pour aider le comte Dracula à acheter un domaine en Angleterre.  Pendant qu’il est au château, beaucoup de choses étranges se produisent. Au même moment sa fiancée Mina et son amie Lucy échangent sur leur projet de mariage, cependant après une escapade nocturne lors d’un séjour à Whitby, Lucy commence à agir bizarrement et son ami le docteur Seward l’examine. Étant totalement dans le flou sur l’état de santé de Lucy, il fait appel à son ami, un célèbre médecin, Van Helsing.  Van Helsing croit finalement que Lucy a été mordue par un vampire… tout ce qui se passera par la suite se construira à partir de ces deux événements…

Dracula possède des thèmes sous-jacents de race, de religion, de superstition, de science et de sexualité. J’ai remarqué qu’une grande partie du roman est une exploration sur le thème de la santé mental qui parcours beaucoup de ses personnages, qui ne concerne pas seulement Renfield. À un moment donné, chaque personnage se demande si leurs relations avec le comte sont nées d’une déficience mentale plutôt que d’une rencontre paranormale avec le vampire. Cela heurte la vision du réalisme victorien avec les événements paranormaux qui se produisent dans le roman.

Ce livre crée une atmosphère d’horreur qui a été constamment copiée au fil des ans mais jamais tout à fait capturée. Vous vivrez avec Harker dans ce château maudit. Vous combattez le comte en Angleterre … sans oublier le sentiment de terreur sur le navire qui a transporté ses boîtes de terre à travers la mer, tout restera avec vous à chaque fois que vous penserez à Dracula. Un must read en cette période…


« Dracula » de Bram Stoker – Éditions J’ai Lu

« Chez soi » de Mona Chollet.

Sciences humaines, sociologie

« J’appartiens donc à cette espèce discrète, un rien honteuse : les casaniers, habitués à susciter autour d’eux la perplexité, voire la pitié ou l’agressivité, et qui avec le temps, apprennent à s’accommoder stoïquement des sarcasmes de leurs proches. »


Pour certaines personnes, il peut être difficile d’être casanier.e. En plus de ne pas vous sentir à l’aise lorsque vous sortez, vous devez aussi résister à la pression de vos amis qui vous invitent à sortir en permanence. Ainsi, les personnes casanières se sentent souvent honteuses ou ont l’impression qu’elles ont un problème.

Dans cet essai, Mona Chollet a décidé de revaloriser l’espace domestique, c’est en quelques sorte « une ode à l’entre-soi ou au quant-à soi ». Une lecture qui décomplexe sur le fait d’être casanier.e et de s’en satisfaire.

Aimer rester chez soi c’est s’affranchir du regard des autres, cependant cette façon de s’esquiver du contrôle social suscite chez beaucoup de gens même «ouvert d’esprit » une inquiétude obscure qui s’accompagne de réflexions malvenues.

Elle prend l’exemple du lecteur a qui l’on rétorque « arrête de lire! Sors et vis! » Un certains mépris qui nous a valu d’être catégorisé comme « des rats de bibliothèque ». Un fond irréductible d’intolérance et d’anti-intellectualisme .

Notre intérieur est notre refuge. Il contient tous nos biens et nos souvenirs. C’est un espace personnalisé dans lequel on se repose, on se nourrit et on s’aime. Qu’il soit petit ou grand, notre intérieur est à notre image. Pour toutes ces raisons, notre logement est notre point de repère dans notre quotidien et dans nos vies, et certaines personnes ont besoin de cette stabilité au quotidien.

Et dans la vision où nous sommes enfermés, Notre maison doit nous protéger, nous dissimuler, nous assurer du bien-être et nous offrir un minimum de surface sociale qui permet une forme d’expression, cependant ce n’est pas le cas pour grand nombre de Français qui compte 200 000 de sans-abri (2019).

En France, on considère le temps comme une chose inerte, et préjudiciable, il faut qu’il soit rempli, occupé ou utilisé. Et c’est totalement l’incompréhension à laquelle se heurte les casanier.e.s. Nous vivons donc dans une société qui favorise la mentalité utilitariste dont le temps doit être rentabilisé, cela donne naissance à une sorte d’obsession de l’utilité systématique. L’obsession de la rentabilité, le repli sur soi, l’amertume, dominent majoritairement les relations sociales.

En fait, ce qui pourrait permettre de mieux vivre et donc de se libérer de ces injonctions extérieures ce heurte aux intérêts de ce qui tirent profit du système actuel.

Elle aborde aussi le fait que Les femmes subissent une stigmatisation particulière. Selon laquelle une femme seule est « incomplète et inachevée », de plus dans notre société patriarcale, les taches ménagères sont souvent associées aux femmes au foyer, une sorte de « culture du ménage » qui est transmise de mère en fille… Connaissant les écrits de Mona Chollet, il était évident qu’elle étudie l’espace domestique sous son angle féministe.

Dans ce livre on retrouve une exploration de toutes les dimensions de notre relation à notre habitat, selon le plan que voici :

La mauvaise réputation : « Sors donc un peu de cette chambre ! »

Une foule dans mon salon : de l’inanité des portes à l’ère d’internet

La grande expulsion : pour habiter, il faut de l’espace

A la recherche des heures célestes : pour habiter, il faut du temps

Métamorphoses de la boniche : la patate chaude du ménage

L’hypnose du bonheur familial : habiter, mais avec qui ?

Des palais plein la tête : imaginer la maison idéale

Encore un essai extrêmement bien documenté et sourcé qui étudie avec justesse des sujets engagés et universels. Mona Chollet, une valeur sure.


« Chez soi » de Mona Chollet – éditions Zones.

« La vie devant soi » de Romain Gary – Émile Ajar

classique, Littérature française

En 1975, Romain Gary était un auteur glamour bien connu, mais vieillissant. Gary avait envie d’un nouveau départ et a décidé de publier un roman sous le nom d’emprunt d’Émile Ajar. « La vie devant soi » a remporté le Prix Goncourt et pour la deuxième fois, il fut récompensé par ce prix, ce qui en vertu des règles de ce concours est officiellement impossible. Pour mettre un visage sur le pseudonyme, il a fait appel à un proche qui n’est autre que son cousin, Paul Pavlowitch, Ce n’est que des années plus tard, lorsque la note de suicide de Gary a été trouvée, que la vérité sur l’un des plus grands canulars littéraires a émergé.

« La vie devant soi » de Romain Gary ou plutôt d’Émile Ajar est une histoire déchirante racontée par Momo, un immigré arabe âgé de dix ans vivant en France. Momo, qui vit chez Madame Rosa(ex prostituée reconvertie en nounou), a vu des choses qu’aucun enfant de dix ans ne devrait voir, un enfant bien trop mature pour son âge. Un roman Sombrement comique et merveilleusement émouvant.

C’est dans un appartement au dernier étage dans un quartier ombragé de Paris, que Madame Rossa s’occupe d’enfants démunis, tous enfants de prostituées. Les règles du chaos. «Quand nous étions nerveux ou que nous avions des pensionnaires sérieusement dérangés», explique Momo, Madame Rosa prenait simplement des tranquillisants. «Elle était morte pour le monde en ces jours tranquilles, et je serais chargé de les empêcher de mettre le feu aux rideaux.»

Le monde vu à travers les yeux de Momo est un endroit déroutant, mais il n’est pas naïf loin de là et, d’une manière charmante et enfantine, il a sa propre vision de voir le monde qui l’entoure.

Ce que Momo, âgé de 10 ans, n’a pas dans l’éducation formelle, il le compense largement par sa sagesse.

Momo passe ses journées à errer dans les rues à rêver, à voler si nécessaire, mais surtout à essayer de survivre. Les trafiquants de drogue et les proxénètes l’entourent comme des requins. Lentement, Madame Rosa commence à perdre ses cheveux et son esprit, et son fidèle Momo va mettre tout en œuvre pour lui donner un peu de joie et de bonheur.

La vie devant soi est parsemée de personnages colorés tels que Monsieur N’Da Amédée, le plus grand proxénète noir de tout Paris  », le sage et attentionné vendeur de tapis Monsieur Hamil qui a appris à Momo tout ce qu’il sait  » et Madame Lola la voisine travestie qui travaille au bois de Boulogne.

En plus d’être un portrait sombre et drôle d’un enfant immigré orphelin , « La vie devant soi » est une critique cinglante du traitement que la France a réservé aux immigrés, aux pauvres et aux personnes âgées. C’est un livre qui traite des questions de l’intégration, la précarité des minorités et de l’acharnement thérapeutique, un récit à la fois déchirant et réconfortant; , une lecture insolite, drôle et émouvante, où l’on passe du fou rire aux larmes.

Je comprends aujourd’hui pourquoi la vie devant soi est un classique très apprécié par la communauté bookstagram. Il fait partie des meilleurs que j’ai pu lire ces derniers mois.


« La vie devant soi » de Romain Gary – Emile Ajar – éditions Folio

« Le combat continue » de Roberto Saviano

Sciences humaines, Sociologie

Les récits de ce livre sont le fruit du travail de l’auteur pour une émission de télévision italienne . Des années d’investigations et de dénonciations sur les malversations et la criminalité organisée dans un état qui prône l’omerta.

Cependant, malgré des audiences encourageantes, malgré les retombées financières inespérées , la chaîne publique RAI, n’a pas reconduit la deuxième édition, c’est donc sur une chaîne privée que « vieni via con me » sera diffusée.

Ce qui est intéressant dans ce livre c’est de comprendre à quel point les pouvoirs publics ont un impact sur la télévision italienne, finalement elle reflète le malheur du pays, elle est forte pour nous proposer des programmes médiocres « style la télé réalité » mais quand il s’agit de traiter les problèmes de fond, elle préfère utiliser le mécanisme de la censure et de la diffamation.

Il nous explique combien il lui a été difficile en tant qu’écrivain de passer à la télévision. Il a pourtant réussi à relever ce défi, tant son rôle de journaliste lui tient à cœur.

Ce sont 8 chapitres, correspondant à 8 thèmes choisis, qui affligent l’Italie d’aujourd’hui, le tout illustré par l’histoire de personnes courageuses et honnêtes, qui se battent continuellement contre ce système corrompu.

De plus, Ce que j’ai découvert et qui ne m’a absolument pas surprise, est que la France joue un rôle essentiel dans le crime organisé, elle est devenue un carrefour de la drogue. C’est un pays qui est inondé par l’argent de la drogue mais malheureusement pour des raisons difficiles à comprendre, elle investit très peu dans la lutte contre les organisations criminelles. Les politiques se focalisent sur la micro criminalité ou une criminalité organisée mais non mafieuse sur le problème des banlieues par exemple, une société complètement aveugle qui ignore le problème criminel car elle ne le perçoit pas comme une urgence sociale. Un certain laxisme où il n’existe aucun contrôle sur l’argent recycler, qui est part la suite introduit dans le système bancaire.

L’Italie en revanche est depuis longtemps déchirée entre ceux qui veulent éradiquer la Mafia et ceux qui la protègent. C’est un combat féroce.

Depuis le début Saviano a l’ambition de raconter une Italie rarement montrée en télévision, qui en réalité est majoritaire, celle qui a envie de redessiner cette terre et de la reconstruire et de dire au monde qu’ils ne sont pas tous pareils, que la différence consiste à savoir se tromper sans être corrompu. posséder des faiblesses tout en refusant le chantage et les pressions. De retrouver confiance en cette démocratie et en la justice.

On a d’ailleurs souvent accusé Roberto Saviano de diffamer sa terre natale simplement parce qu’il parle de ses contradictions. Or comme il le dit si bien: « celui qui raconte son propre pays ne se livre pas à la diffamation il le défend. Raconter signifie redessiner c’est un premier pas vers l’action, car les mots ont des conséquences, vouloir empêcher les mots signifie vouloir empêcher l’action. » Finalement, c’est peut-être la meilleure façon de lutter et de ne pas subir un système oppressif et corrompu.

Et à ce jour, il n’a toujours pas abandonné, courageux et agissant avec beaucoup d’abnégation pour continuer son combat.


« Le combat continue » de Roberto Saviano – Éditions Robert Laffont.

« Nana » de Émile Zola

classique, Littérature française

Nana est le neuvième volet de la série Les Rougon-Macquart en 20 volumes, Je compte venir à bout de toutes les œuvres mais je ne pense pas les lire forcément dans l’ordre chronologique.

Nana est la fille de Gervaise Macquart, l’héroïne alcoolique condamnée de L‘Assommoir(lu il y a quelques années), livre 9 de la série. Vers la fin de ce livre, la jeune fille prend déjà un mauvais virage et, à l’âge de seize ans, elle a commencé à marcher dans les rues et à trouver des hommes plus âgés pour financer son goût pour le luxe. Ce roman, entièrement dédié à son histoire, est construit comme une pièce de théâtre, chacun des 14 chapitres montrant un acte différent dans l’histoire de l’ascension, puis de la chute, puis de l’ascension supérieure, puis de la destruction complète d’une femme qui est décrite comme une «mouche dorée». Une mouche dorée issue de cinq générations de mauvaise hérédité, qui, en raison de ses formes amples, de ses tresses dorées et de son appétit sans limites pour le sexe et le luxe, parvient à corrompre tous les individus des classes supérieures. D’ailleurs c’est l’une des femmes que j’ai le plus détesté en littérature.

Le premier chapitre présente Nana au lecteur et au public parisien comme la nouvelle sensation du théâtre de variétés dans une pièce appelée La Blonde Vénus, qui est conçue pour montrer ses nombreuses attractions physiques, la montrant virtuellement dans toute sa gloire nue à un public ravi. Ceci est son premier grand succès, elle se présente aux hommes des classes supérieures, comtes,vicomtes et marquis, dont aucun ne peut résister à ses charmes.

Lorsque le comte Muffat, qui a toujours été un fervent et véritable catholique, tombe follement amoureux d’elle, elle est en mesure de dicter toutes ses conditions. Par conséquent, elle est installée dans son propre hôtel privé de luxe dans l’un des meilleurs quartiers de Paris, et bien qu’elle ait promis à Muffat qu’elle lui sera fidèle en échange d’un flot incessant de cadeaux généreux, son ennui la pousse à de plus en plus d’infidélités…

Zola a toujours été un peintre de la réalité en brossant avec génie des scènes, des personnages, des lieux. Il a l’art d’utiliser sa plume comme un pinceau… et ici, il peint des images d’une richesse et d’un luxe illimité et totalement corrompu. Pour ceux qui ne connaissent pas le travail de Zola, ce roman se tient parfaitement bien seul, et c’est probablement le plus décadent que j’ai pu lire.

J’ai eu au début des difficultés avec le style naturaliste de Zola où chaque scène devait être capturée et décortiquée dans les détails, mais cela a également conduit à une visualisation plus profonde des rues de Paris – une ville qui a doublé de taille pendant le Second Empire – la misère des pauvres, le brouhaha des coulisses du théâtre, la vie austère des espions et des prostituées, les désirs réprimés de la bourgeoisie et de l’aristocratie. Par exemple, en décrivant l’odeur des femmes, Zola détaille l’odeur de poudre et de vinaigre de toilette, de poudre de riz et de musc. Dans ce roman, il essayait de peindre une société entière à travers le prisme de la prostituée, tout comme dans ses autres ouvrages de la série Rougon-Macquart, il a capturé le Second Empire à travers différents objectifs, et à cet effet son style est réussit.


« Nana » d’Émile Zola- Éditions Gallimard .

« Attachement Féroce » de Vivian Gornick.

contemporain, Littérature étrangère

Bien qu’il n’y ait rien de plus vrai que l’amour entre une mère et une fille, la vérité est que leurs relations ne sont pas toujours faciles. Si l’amour entre une mère et sa fille peut être harmonieux et équilibré, il existe parfois des sentiments contradictoires et contrastés qui s’invitent et déteignent sur l’histoire des deux femmes: inconsciente, fusion, projection, incompréhension, crispation voire mésentente.

Entre mère et fille se noue une relation singulière tissée de multiples liens. Cet ouvrage tiré de la véritable histoire personnelle de l’autrice, analyse l’évolution des mœurs et des liens entre une mère et son enfant : jeux de miroir, de double, de mise en abyme.

La façon dont Vivian Gornick a réussi à compiler ses souvenirs ont vraiment fait de ce livre une excellente lecture qui en tant que lectrice, vous fait réfléchir sur le lien que vous entretenez avec votre propre mère. Le style m’a fait un petit peu penser à celui de Woolf et je suis d’accord avec beaucoup de lecteurs, Vivian Gornick a bien des égards est la V.Woolf moderne.

S’il vous arrive d’avoir une relation d’amour / haine avec votre mère, ce livre peut vous faire penser qu’il est tiré de votre propre vie. La relation mère-fille décrite tout au long de ce mémoire prend un voyage dans le temps rythmé par la vie quotidienne et l’amour.

L’autrice dépeint si bien sa mère qu’on a l’impression qu’elle nous est familière. Elle est animée, ardente, passionnée, opiniâtre et surtout une femme forte et volontaire. Les mémoires décrivent la vie de la mère et de la fille en basculant du présent au passé. Tissée avec élégance, chaque histoire détaillée du passé, chargée d’émotions, est liée à la vie actuelle de l’autrice au moyen de rencontres quotidiennes avec sa mère.

Vous pouvez voir clairement, et l’autrice n’hésite pas à admettre que les qualités propres à sa mère qu’elle a observées, admirées et même détestées toute sa vie sont profondément enracinées en elle-même. La lutte entre la fille adulte qui trouve sa propre identité et se sépare de celle de sa mère est illustrée dans toutes les parties du récit.

L’histoire va de la période où la jeune fille vivait avec sa famille juive dans un vieil appartement dans les années 50 jusqu’à sa vie réussie dans les années 80 tout en maintenant une relation étroite avec sa mère, malgré leurs échanges tendus. J’ai vraiment admiré la façon dont l’histoire a été conçue dans le sens où la chronologie n’était pas complètement linéaire, mais le lecteur a toujours une compréhension claire et concise de la position de l’histoire. Tout cela a donné à l’autrice une chance de montrer comment sa relation avec sa mère s’est développée (et parfois effacée) tout en illustrant comment elle se rapporte à leur vie actuelle.

Dans son ensemble, ce livre est féministe car il catalyse de façon évidente les problématiques rencontrées par de nombreuses femmes au milieu du XXe siècle dans le monde occidental.

Tout au long du récit tandis qu’elle se concentre sur les sentiments et les expériences de la femme qui l’entoure, mais pas tant des hommes. La protagoniste mène certainement une vie indépendante en tant que femme en raison des valeurs et des croyances de sa mère. Le véritable amour, la dévotion et la détestation qui accompagnent une relation mère-fille sont visibles dans tout le texte. Bien sûr, cette relation est tout sauf idyllique mais pouvons-nous dire que toutes les relations sont parfaites ?

Et même si elle a sciemment rejeté presque tout ce que sa mère lui a appris sur le fait d’être une femme dans le monde, elle a également absorbé presque tout ce que sa mère lui a appris sur le fait d’être une femme dans le monde. Elle garde en elle les souvenirs du passé, ceux qui ont fait d’elle la femme qu’elle est.

Si je dois conclure, je dirais que ce livre est finalement la définition: d’être l’enfant d’un parent et d’être soi-même en dehors de ce parent, de se séparer de sa source d’origine tout en héritant également d’une grande partie de cette même source.


« Attachement Féroce » de Vivian Gornick – Éditions Rivages.