« Le général du roi » de Daphné Du Maurier.

classique, Littérature étrangère

Chaque fois que je lis un livre de Daphné Du Maurier, j’ai l’envie frénétique d’acheter tous les ses livres actuellement disponible en librairie. J’avais d’ailleurs lu quelque part un commentaire sur l’autrice, quelqu’un disait que « quand il se mettait à lire un roman de Daphné du Maurier, Il ne pouvait s’arrêter de lire jusqu’à qu’il ne tombe de sommeil ». Je partage également ce sentiment.

Ses livres se divisent généralement en deux catégories: le suspense (comme « Rebecca » ou en fiction historique comme « le général du roi » ou quelque chose entre les deux. Dans les œuvres de du Maurier, il y a aussi un côté assez vintage que j’affectionne où le sentiment d’incertitude se ressent dans tous ses romans.


Honor Harris, 18 ans, a hâte de passer le reste de sa vie avec l’homme qu’elle aime, mais lorsqu’une tragédie survient à la veille de son mariage, le mariage n’a alors jamais lieu. Quinze ans plus tard, alors que l’Angleterre est divisée par une guerre civile qui oppose les royalistes et les parlementaires, Honor est envoyée à Menabilly où elle rencontre son amour perdu, Richard Grenvile.

Malgré ses efforts pour rester à l’écart de Richard, Honor se retrouve une fois de plus attirée par lui, mais la guerre complique les choses car la position de Richard en tant que général du roi lui a fait de nombreux ennemis. Pleinement consciente de sa position d’infirme, Honor choisit de l’aimer de toute façon et leur relation menace de devenir scandaleuse.

La relation entre Honor et Richard n’est pas ce à quoi vous pourriez vous attendre. C’est tendre et passionné, mais à aucun moment du roman ils ne consomment leur amour ni le vivent au grand jour. Au lieu de cela, tout est plus ou moins enfoui, et aucun d’eux ne veut évoquer les souvenirs douloureux du passé.


Les sequences historiques du roman sont très bien documentées, bien qu’il y ait eu des moment où je trouvais que l’intrigue tournait trop souvent autour des conflits entre royalistes et rebelles. Cela dit, a aucun moment l’autrice prend un parti pris vis-à-vis de l’un des deux camps.

D’ailleurs, j’ai vite compris que beaucoup des personnages cités dans ce livre sont inspirés de faits réels et pour le coup, j’ai eu une véritable leçon d’histoire, et dans ce cas précis, une leçon sur la guerre civile anglaise qui a sévi au XVIIe siècle.

Avec « le général du roi » nous sommes donc plongés dans la guerre civile anglaise qui met en lumière la guerre, la perte, l’amour, les désillusions et les scènes d’un point de vue cornique(origine de cornouilles).

Bien différente des autres que j’ai lues, cette perspective apporte une vision claire du décor et des horreurs de la guerre, ainsi que du chagrin et de la terreur des citoyens. 

On ne peut imaginer à quel point les temps étaient difficile à cette époque. À chaque instant, je me suis imaginée être une héroïne de cette histoire vivant avec eux les nombreux obstacles, les décisions difficiles, les émotions difficiles. Lorsque vous ajoutez à cela les combats politiques, les guerres, votre vie devient presque insupportable, quand bien même ils doivent vivre, doivent se battre, ils le font avec brio . Mes respects.

Un style impeccable, fluide et sophistiqué ! Encore un sans fautes pour daphné Du Maurier.


Merci aux éditions « Le livre de poche » pour cet envoi . De Daphné Du Maurier.

« Dracula » de Bram Stoker

classique, Littérature étrangère

Dracula est, bien sûr, l’une des histoires d’horreur les plus connues et le roman de vampire le plus adulé. Bram Stoker a établi les règles de base de ce que devrait être un vampire et a ensuite influencé de nombreux écrivains dans le genre. En effet, si les méchants tyranniques sont une nécessité à ce courant littéraire, le comte Dracula est le père de tous les méchants gothiques, bien qu’il soit l’un des derniers romans de fiction gothique.

Le roman est composé d’une multitude de revues, de lettres et d’articles. Car c’est ainsi que Bram Stoker a choisi de façonner son célèbre roman (sous forme épistolaire) ce qui permet de donner des informations sur les aspects historiques, politiques et littéraires. Un choix astucieux puisque les différents points de vue à travers chaque journal servent à créer un suspense qui convient parfaitement au ton gothique du roman. 

Ce livre raconte l’histoire du comte Dracula et sa tentative de déménager de son château en Transylvanie à un manoir en Angleterre d’où il prévoit de répandre la malédiction des « non-mort ». Les personnages principaux incluent l’avocat britannique de Dracula, Jonathan Harker qui se rend en Transylvanie pour aider le comte Dracula à acheter un domaine en Angleterre.  Pendant qu’il est au château, beaucoup de choses étranges se produisent. Au même moment sa fiancée Mina et son amie Lucy échangent sur leur projet de mariage, cependant après une escapade nocturne lors d’un séjour à Whitby, Lucy commence à agir bizarrement et son ami le docteur Seward l’examine. Étant totalement dans le flou sur l’état de santé de Lucy, il fait appel à son ami, un célèbre médecin, Van Helsing.  Van Helsing croit finalement que Lucy a été mordue par un vampire… tout ce qui se passera par la suite se construira à partir de ces deux événements…

Dracula possède des thèmes sous-jacents de race, de religion, de superstition, de science et de sexualité. J’ai remarqué qu’une grande partie du roman est une exploration sur le thème de la santé mental qui parcours beaucoup de ses personnages, qui ne concerne pas seulement Renfield. À un moment donné, chaque personnage se demande si leurs relations avec le comte sont nées d’une déficience mentale plutôt que d’une rencontre paranormale avec le vampire. Cela heurte la vision du réalisme victorien avec les événements paranormaux qui se produisent dans le roman.

Ce livre crée une atmosphère d’horreur qui a été constamment copiée au fil des ans mais jamais tout à fait capturée. Vous vivrez avec Harker dans ce château maudit. Vous combattez le comte en Angleterre … sans oublier le sentiment de terreur sur le navire qui a transporté ses boîtes de terre à travers la mer, tout restera avec vous à chaque fois que vous penserez à Dracula. Un must read en cette période…


« Dracula » de Bram Stoker – Éditions J’ai Lu

« Rebecca » de Daphné du Maurier

classique, Littérature étrangère

« On dit que les humains sortent meilleurs et plus forts de la souffrance et que, pour progresser en ce monde ou en tout autre, il faut subir l’épreuve du feu. »


« Rebecca » est un roman qui vous transporte du début jusqu’à la fin, tant par l’écriture que par l’atmosphère générale du récit. Pas étonnant qu’il ait été en rupture de stock et que j’ai dû attendre 10 jours avant de le recevoir.

Ce livre c’est l’histoire d’une jeune femme (dont le nom restera un mystère tout au long du roman), son rôle premier est de tenir compagnie à une insupportable bonne femme (Mme Van Hopper) sauf que son destin va prendre un tournant exceptionnel lorsqu’elle rencontre Monsieur de Winter lors d’un voyage à Monte-Carlo. 

Après plusieurs rencontres secrètes avec la jeune femme, Maxim de Winter (mystérieux, calme, et plus âgé) s’éprend d’elle et la demande en mariage après quoi, il l’emmène dans sa célèbre propriété, Manderley, où l’ombre et la mémoire de sa défunte épouse semblent occuper tous les coins et commencent à prendre trop de place entre eux.  C’est comme s’il n’y avait pas d’espace pour la nouvelle épouse.

Ce livre est un tel chef-d’œuvre. Du début à la fin, il y a le plus fort sentiment de solitude que j’ai jamais lu, quelque chose que j’avais adoré chez Jane Eyre, quand elle était coincée à Thornfield rêvant de l’extérieur et de la liberté des hommes d’agir à leur guise. La narratrice de Rebecca est absolument isolée, elle est insignifiante au point où elle n’a pas de nom, même si son mari la rassure sur son nouveau rôle. Le lecteur est plongé dans l’obscurité à son sujet, qui elle est ? d’où elle vient ? elle est un tableau blanc, mais pas une coquille vide, au contraire, elle réfléchit trop, elle est dépassée, mais sans nom, comment pourrait-elle se faire entendre?  Et en épousant M. de Winter, le nom qu’on lui a soudainement attribué… était celui de quelqu’un avant elle, n’est-ce pas?  Sans nom, sans voix, seule dans cette grande maison où tout a cessé de vivre ou de changer depuis l’accident qui a emporté la première Mme de Winter.  Et le doute de soi qui vient avec le silence de son mari.  Est-il vraiment amoureux d’elle?  Pense-t-il à quelqu’un d’autre tout en étant avec elle?  Il est impossible de rester sain d’esprit dans cette maison.


« J’aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte. S’il y avait une femme à Londres que Maxime aimât, quelqu’un à qui il écrivit, rendît visite, avec qui il dîna, avec qui il couchât, j’aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n’aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu’on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et Maxim ne l’aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais. »


Dans ce roman, aucun personnage n’est fiable, nous sommes aussi perdus que la narratrice et nous avons du mal à comprendre la haine à laquelle elle est confrontée. Pourquoi Rebecca était-elle si aimée? La plupart du temps, notre cœur se brise à cause de la façon dont la narratrice est traitée par les autres personnages.

Évidemment, j’ai adoré l’intrigue de ce livre, je ne m’y attendais pas du tout. Dans les derniers chapitres, je me suis sentie, impatiente et paniquée, anticipant toutes les éventualités possibles pour cette fin plus que rocambolesque. J’ai été un peu surprise par la fin… mais pas déçue cependant. Je suppose que cela garde le sens du mystère qu’avait tout le livre et puis la réalité n’a pas toujours une fin claire non . Tout ça pour dire que cela m’a définitivement donné envie de lire d’autres livres de Daphné du Maurier.


« Rebecca » de Daphné Du Maurier – éditions le livre de poche.

« Le joueur » de Dostoïevski

classique, Littérature étrangère

« L’âme russe, excessive, tourmentée, idéaliste, qui l’incarne mieux que Dostoïevski, cette œuvre fut un parie contre le temps, lui qui joua toute sa vie sur un tapis vert et rouge . »


Dostoïevski, joueur lui-même nous livre à travers son alter ego Alexei, un excellent récit sur l’addiction : il aborde avec clairvoyance et cruauté l’univers du jeu au XIX siècles. « Le joueur » est un court roman qui mêle le goût du risque et l’amour à en perdre la raison.

L’histoire se passe à Roulettenbourg ville imaginaire d’Allemagne. Dans cette ville thermale nous suivons un jeune précepteur russe Alexei travaillant pour le compte d’un général et de sa famille composée de deux enfants et de sa belle fille Paulina.

Autour de cette famille gravite : mademoiselle Blanche une femme vénale, qui n’a qu’une seule idée en tête : le mariage avec le général, le timide Astley, jeune et riche anglais amoureux de Paulina in fine ami d’Alexei et sans oublier le soi-disant aristocrate français « Des Grieux » qui s’avérera être un redoutable usurier.

Alexei est éperdument amoureux de Paulina. Une relation ambiguë oscillant entre amour et haine ; Mais celle-ci ne cesse de le manipuler et de le mépriser, de plus elle semble par ailleurs éprise du jeune marquis français n’ayant pas de bonne intention à l’égard de la jeune femme.

Le récit devient réellement intéressant avec l’arrivée de la grand-mère de Paulina, bien loin de la mort qu’on lui pressentait, elle ira jouer tout son argent et perdra tous ses gains par la suite. Un revers de situation bien ironique qui mettra en doute toutes les perspectives de cette famille.

Dans cette tension diabolique, Alexei sera lui aussi entraîné par l’emprise des jeux d’argent, d’abord pour les autres et après pour lui-même, il cultivera cette fascination du hasard qui finira par faire vaciller son avenir.

« Le joueur » c’est finalement la confession d’un homme tiraillé entre deux folies : l’argent et l’amour, un roman autobiographique qui nous entraîne dans la frénésie du jeu.

Encore une fois, Dostoïevski nous surprend par la force de son écriture, il hypnotise.

En dépit de la radicalité de ses idées, Dostoïevski est tout sauf un auteur dogmatique. À l’image de Raskolnikov dans « Crime et Châtiment », sa vie a été marquée par des étapes spirituelles contradictoires et déchirantes.

Un livre à lire absolument pour tous ceux qui veulent débuter avec Dostoïevski.

Dostoïevski « le joueur » Éditions : Le Livre de Poche Traduction: C.Andronikof et A de Couriss