« No Kid » de Corinne Maier

essai féministe, Sciences humaines

Aujourd’hui on aborde un sujet un peu « touchy » celui de la non maternité, c’est ce qu’a entrepris Corinne Maier dans son essai « No kid » écrit en 2007. Toujours dans une volonté de l’émancipation féminine et de l’avancée du féminisme  voici 40 raisons qui décomplexe les personnes qui n’ont pas d’enfant et qui ont toutes les bonnes raisons de ne pas en vouloir. 

« Je ne veux pas d’enfants ». Voilà, c’est dit. J’ai lâché le dossier, me voilà devenue aux yeux du monde une vieille aigrie qui refuse de profiter du miracle de la vie, qui n’est pas capable de donner de l’amour ou de supporter quelqu’un plus de trois heures de suite. Paraît-il que d’après « Mona Chollet », je suis une sorcière.

On demande toujours aux gens qui n’ont pas d’enfant pourquoi ? Mais jamais à ceux qui en ont, pourquoi ils en ont eux? Hein ? « Vous avez 4h ! »

En France être « sans enfant » est une tare ; jugés en permanence, on est alors confronté à toutes les problématiques des pressions de la famille et de la société (amis, collègues, entourage plus ou moins proche), ceux qui ont osé ne pas en vouloir suscite la commisération : « il a gâché sa vie »  « des égoïstes »  « instables »… 

Qu’on se le dise ne pas avoir d’enfant est un choix, pas un handicap. Malheureusement cette France nataliste et autosatisfaite donne l’image de la famille qui n’existe que dans les magazines et gare aux mères qui prétendent le contraire. On vous traitera de « mère indigne » Bah oui car c’est chez nous que le diktat de la maternité est le plus fort, encouragé par une politique familiale vigoureuse (crèche, allocations, école maternelle…) sans parler des pressions sociales qu’exerce la société sur les familles et notamment envers les mères.

Il y a également les réflexions de celles et ceux qui sont parents qui diront « tu verras c’est trop génial« . De plus quand on a la chance d’être un homme, on n’a pas à subir les « tant qu’il est encore temps, l’horloge biologique tourne ». Être une femme et faire le choix de la non-parentalité, c’est donc quelque chose qui est loin d’être facile. Toutes ces réflexions montrent bien la pression de la Société sur les personnes qui ont décidées de faire un choix différent de la norme. Un choix personnel devrait-il être valider par les autres ?

Cela dit avec la montée du féminisme, la décision de ne pas avoir d’enfants représente l’un des changements les plus remarquables dans la famille moderne: au cours des dernières décennies, le nombre de couples qui ne veulent pas volontairement devenir parents (généralement appelés « childfree ») a considérablement augmenté dans le monde entier, devenant un enjeu important pour la géographie culturelle. Cet essai présente un point de vue abordé de façon caustique sur le choix de ne pas avoir d’enfant afin de mettre à jour la littérature en tenant particulièrement compte de l’incidence des aspects sociologiques, des stéréotypes traditionnels généralement attribués aux personnes ayant des enfants et de la véritable psychologie, aspects qui semblent être à la base une décision de rester sans enfants.

Vous retrouverez les 40 raisons qui vous feront changer d’avis ou qui d’une certaine façon, désacralise la maternité pour en finir une bonne fois pour toute avec la culpabilité maternelle. Parce que non, les mères ne sont pas toutes des Housewives, une pensée pour toutes les girls boss et celles qui chaque jour font de leur mieux (Le plus dure métier du monde c’est le votre) SVP, à prendre au second voir au troisième degré, ce livre se veut drôle et piquant, rempli de vérité trop dure à accepter, pour une fois que quelqu’un ose écrire ce que la plupart des parents pensent tout bas… Et on dit Merci Corinne !


« No Kid » de Corinne maier – Éditions Michalon

« Manuel de guérilla à l’usage des femmes » de Sylvie Brunel .

Autobiographie

« Le manuel de guérilla à l’usage des femmes » est une ode à la liberté féminine de plus de 40 ans. 

Un essai qui sonne le glas de la revanche, ou du moins une volonté de raconter sa vérité. Elle nous explique ces 30 dernières années de bon et loyaux services aux côté de l’homme qui fut son mari. Sylvie Brunel alterne à la fois, épisodes autobiographiques et considérations générales sur le devenir de certains couples quand monsieur s’en va refaire sa vie avec une jeunette.

Il y a deux thèmes bien distincts dans ce livre.

D’une part, une description très intéressante de la psychologie et du parcours personnel d’Eric Besson l’ex-mari de l’autrice, un homme obnubilé par son action politique et totalement infidèle. 

D’autre part, une démonstration qui vise à s’intéresser sur nos sociétés occidentales soit disant évoluées mais qui pour le coup ont encore beaucoup de chemin à parcourir en termes d’égalité hommes femmes. Simplement nous ne nous en rendons pas compte car nous avons totalement intériorisé les traitements différenciés entre les deux sexes et cela depuis toujours. l’exemple du traitement de la ménopause par l’industrie pharmaceutique et du corps médical est très frappant, certains dialogues m’ont particulièrement choqué dans ce livre, notamment le discours d’une patiente pré-ménopausée avec son gynécologue.


« Réponse du médecin: Mieux vaut un cancer que la ménopause. Un cancer au moins, ça se soigne. »


Finalement, elle met les femmes en garde contre la dictature qui s’exerce insidieusement, à travers les diverses représentations d’elles même qu’on leur propose et qui tendent à les maintenir en position de faiblesse. Cependant ne vous attendez pas à un essai philosophique ou sociologique sur l’étude du féminisme car dans ce livre Sylvie Brunel ne fait qu’exprimer ses points de vue personnels et ses ressentis.


« Manuel de guérilla à l’usage des femmes » de Sylvie Brunel – Éditions Grasset .