« Nana » de Émile Zola

classique, Littérature française

Nana est le neuvième volet de la série Les Rougon-Macquart en 20 volumes, Je compte venir à bout de toutes les œuvres mais je ne pense pas les lire forcément dans l’ordre chronologique.

Nana est la fille de Gervaise Macquart, l’héroïne alcoolique condamnée de L‘Assommoir(lu il y a quelques années), livre 9 de la série. Vers la fin de ce livre, la jeune fille prend déjà un mauvais virage et, à l’âge de seize ans, elle a commencé à marcher dans les rues et à trouver des hommes plus âgés pour financer son goût pour le luxe. Ce roman, entièrement dédié à son histoire, est construit comme une pièce de théâtre, chacun des 14 chapitres montrant un acte différent dans l’histoire de l’ascension, puis de la chute, puis de l’ascension supérieure, puis de la destruction complète d’une femme qui est décrite comme une «mouche dorée». Une mouche dorée issue de cinq générations de mauvaise hérédité, qui, en raison de ses formes amples, de ses tresses dorées et de son appétit sans limites pour le sexe et le luxe, parvient à corrompre tous les individus des classes supérieures. D’ailleurs c’est l’une des femmes que j’ai le plus détesté en littérature.

Le premier chapitre présente Nana au lecteur et au public parisien comme la nouvelle sensation du théâtre de variétés dans une pièce appelée La Blonde Vénus, qui est conçue pour montrer ses nombreuses attractions physiques, la montrant virtuellement dans toute sa gloire nue à un public ravi. Ceci est son premier grand succès, elle se présente aux hommes des classes supérieures, comtes,vicomtes et marquis, dont aucun ne peut résister à ses charmes.

Lorsque le comte Muffat, qui a toujours été un fervent et véritable catholique, tombe follement amoureux d’elle, elle est en mesure de dicter toutes ses conditions. Par conséquent, elle est installée dans son propre hôtel privé de luxe dans l’un des meilleurs quartiers de Paris, et bien qu’elle ait promis à Muffat qu’elle lui sera fidèle en échange d’un flot incessant de cadeaux généreux, son ennui la pousse à de plus en plus d’infidélités…

Zola a toujours été un peintre de la réalité en brossant avec génie des scènes, des personnages, des lieux. Il a l’art d’utiliser sa plume comme un pinceau… et ici, il peint des images d’une richesse et d’un luxe illimité et totalement corrompu. Pour ceux qui ne connaissent pas le travail de Zola, ce roman se tient parfaitement bien seul, et c’est probablement le plus décadent que j’ai pu lire.

J’ai eu au début des difficultés avec le style naturaliste de Zola où chaque scène devait être capturée et décortiquée dans les détails, mais cela a également conduit à une visualisation plus profonde des rues de Paris – une ville qui a doublé de taille pendant le Second Empire – la misère des pauvres, le brouhaha des coulisses du théâtre, la vie austère des espions et des prostituées, les désirs réprimés de la bourgeoisie et de l’aristocratie. Par exemple, en décrivant l’odeur des femmes, Zola détaille l’odeur de poudre et de vinaigre de toilette, de poudre de riz et de musc. Dans ce roman, il essayait de peindre une société entière à travers le prisme de la prostituée, tout comme dans ses autres ouvrages de la série Rougon-Macquart, il a capturé le Second Empire à travers différents objectifs, et à cet effet son style est réussit.


« Nana » d’Émile Zola- Éditions Gallimard .